Climats et Unesco: Propositions

Publié le par Patrick Essa

   Classer la côte au niveau de l'UNESCO serait un titre de noblesse plus que significatif pour les Bourguignons. mais il subsiste des craintes liées à la valeur des terres après ce classement et les Côte d'Oriens se trouvent aujourd'hui devant un vrai dilemme.

    En effet de nombreux vignerons ont peur - et j'en suis - que les terres de "premier ordre" deviennent encore plus inaccessibles qu'aujourd'hui et que les biens fonciers leurs filent entre les doigts. On ne peut être exploitant sans "bonnes terres" et pour cela il faut être capable d'y investir sans s'étrangler au niveau des revenus.

 

   La terre qui sert a produire les vins ne doit pas se dématérialiser dans des "parts" de montages financiers qui ne font qu'engraisser des actionnaires. Elle DOIT rester majoritairement la propriété de ceux qui l' exploitent à mon sens.

 

   Alors oui au classement des Climats mais avec des règles strictes interdisant aux non-producteurs de se les approprier totalement pour faire uniquement des dividendes.. J'ai hélas bien conscience que ma "vision" soitune douce utopie dans les temps actuels. Mais sans cela j'ai bien peur que fonds de pensions, GFA et banques continuent de s'offrir des terres en les transmettant à des "opérateurs/marques" dont en plus ils se serviront - et se servent déjà - sciemment en profitant de leur (re)nom.

 

  Je schématise mais il est évident que le fond de pension lambda préfèrera donner SES vignes à faire aux ténors d'une appellation plutôt qu'à des "valeurs montantes"...cela rapporte immédiatement et sans le moindre risque. Le vigneron devient alors une sorte d'esclave moderne de son "investisseur" sans vraiment s'en apercevoir...une absolue catastrophe!

 

   Pour cela je proposerais une règle bien simple: 51 % de la valeur de la terre exploitée par un domaine devrait lui revenir pour 10% du prix de celle-ci au cours d'un achat par un groupement foncier ou d'investisseurs et ce, quel qu'il soit. Le vigneron serait alors encore "chez lui" et le labeur qu'il fournit serait reconnu à sa juste valeur en le laissant majoritaire face à l'investissement de départ du foncier.

    Sans ce "garde-fou" j'ai bien peur que la viticulture bourguignonne aille dans le mur à moyen, voire à court, terme! Est-ce cela que nous voulons?

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