La Côte de Beaune du Sud au Nord 4: Le vignoble de Saint Aubin

Publié le par Patrick Essa

  Le village de Saint Aubin est sans doute l'un des plus compliqués à appréhender tant son vignoble est disparate et ses vins hétérogènes. A son meilleur le niveau des blancs égale celui de ses prestigieux voisins de Puligny et Chassagne-Montrachet, à son "moins bon" ses rouges rustiques et durs peuvent être redoutables de vivacité et se montrent souvent un peu rêches. Le problème est que de manière assez incompréhensible subsiste une notable proportion de vins rouges sur des terres qui sont quasiment entièrement "faites pour" le chardonnay...comprenne qui pourra!

 

   Le village est situé dans une Combe un peu froide et ventée qui est marquée par des sols pierreux, argilo-calcaires et en moyenne très pentus. Sans doute est-ce même le seul village - avec Pernand - de la Côte de Beaune où la quasi-totalité du vignoble est située en pente. Si de plus on considère que ces pentes regardent souvent le sud et sont d'excellentes qualités morpho-géologiques on comprendra aisément que les quelques 200 hectares communaux ont un réel  potentiel.

   L'exposition solaire compensant largement l'altitude assez élevée de nombreux climats premiers crus, il est possible de trouver à Saint Aubin des vins blancs d'élite rivalisant avec la tension des meilleurs crus d'altitude du reste de la Côte des blancs. Il faut toutefois scinder le finage en plusieurs parties distinctes:

  • Les Murgers des dents de Chiens qui surplombent Puligny et qui ont une orientation comparable aux meilleurs premiers crus de Puligny et Chassagne situés en altitude: Champs Gains, Chalumeaux et Garenne par exemple. C'est l'un des trois meilleurs crus de la commune.
  • Le secteur qui va des Remilly jusqu'aux Chatenières en excluant sous la Roche Dumay. Des vins mûrs, fins et racés qui peuvent avoir la densité des cuvées villages de Puligny avec plus de finesse et même parfois l'élégance d'un Chevalier. 
  • Le secteur des Charmois et Pitangeret qui est du côté de Chassagne et qui livre de vins en tous points comparables aux premiers crus Chenevottes et Bondue de Chassagne, voire aux Vergers pour la partie haute.
  • La zone "Derrière la Tour"/Champlots/Montceau qui surplombe le hameau de Gamay et qui est en général - les blancs y sont meilleurs -dévolue à des rouges que j'ai bien du mal à apprécier. Sans doute la zone la moins parfaite car plus froide, humide et moins solaire.
  • La bande de vignes qui va de Gamay au village de Saint Aubin et qui comprends Perrière, Castets et Derrière chez Edouard, qualitative en blancs et en rouge, ce sont les seuls endroits ou le pinot peut égaler celui de Chassagne.
  • Enfin la zone haute regardant le sud et qui est à l'ouest de Saint Aubin en direction du vignoble de Hautes Côtes de la Rochepot. On y produit de fins chardonnays et rustiques pinots ( bien peu toutefois ) en Bourgogne et des aligotés. Cela devrait être une zone classée premier cru pour l'Aligoté, bien supérieure à mon sens à celle de Bouzeron...cherchez les!

En Résumé: Je n'ai jamais été véritablement conquis par les rouges communaux qui pourtant sont encore produits en grande quantité. Les premiers crus ont été trop généreusement découpés et seuls quelques uns d'entre eux méritent véritablement ce titre. J'excluerais les parties les plus hautes et le secteur entre gamay et Saint Aubin de ce classement en conservant les zones qui jouxtent Chassagne et celles qui jouxtent Puligny. Les vrais zones premiers crus sont Chatenière, Remilly, Murgers des Dents de Chiens et Charmois. Pour les "seconds crus" sans doute aurions nous Perrières, Derrière chez Edouard et Castets.

  Il me semble aussi que certains secteurs pourraient "porter" les meilleurs Aligoté de Bourgogne. Le coteau qui part du village pour aller vers La Rochepot en particulier même s'il est aujourd'hui moins planté qu'avant le phylloxera.

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Jaffuel 25/01/2014 13:31


Je me retrouve dans ton analyse avec peut-être pour ma part une "affection" particulière pour "les cortons" que je goute au domaine Larue et qui me semble également digne d'intérêt (un ton en
dessous des murgers qui reste mon gold standart avec chatenières)


Nous avons gouté la semaine dernière un remilly d'hubert lamy 2006 blanc dont le seul "défaut" était de passer après un grand blanc (charmes 2005 BCE) et un excellent vin (remilly chassagne 1er
cru 2006). Un nez bouqueté fruits secs, floral également, bouche très droite, épurée, longue avec un accord velouté de cèpes remarquables. Un vin qui était "grillé" et acide sur les deux
premières bouteilles goutées avant 2011... le temps lui donne le rang qu'il mérite.


Bonne saint-vincent !!!


Dany


Dany