De l'élégance du Volnay: finages, climats et crus en séries

Publié le par Patrick Essa

 

  

 Une heureuse tablée de 19 convives a dégusté 30 échantillons de Volnay de 2003 à 1959. Parmi eux : vignerons, oenologues, responsables qualités de maisons de vins, anciens, jeunes et bien entendu membres du site!

   Nous avons pris le temps de disséquer chacun de ces crus à l'aveugle, par séries thématiques, pour comprendre leur valeur et leur terroir. Car le village me paraît depuis très longtemps être un des plus intéressants des trois Côtes.

  Historiquement (17°/18° siècle)  Volnay se plaçait en tête des vins du Beaunois et ne cédait son extrême qualité à aucune cuvée de Corton ou de Chambertin. On sait encore moins parmi les vignerons du village que les meilleurs crus de la commune sont tout bonnement au sommet qualitatif potentiel de Bourgogne. Une discussion avec l'un de ses meilleurs vigneron juste avant la dégustation m'a d'ailleurs convaincu que l'imaginaire collectif de ses producteurs ne correspond pas à la valeur intrinsèque des meilleurs climats.

  J'affirme sans la moindre ambiguïté qu'il existe au moins trois finages à Volnay qui méritent - par leur complexité, leurs race, leur allonge et leur capacité de vieillissement - de figurer parmi les 10 meilleurs grands crus de Bourgogne. Je demande vraiment au vigneron qui me lisent de croire  - sans le moindre doute possible - qu' il est permis de produire sur ces terres de l'oxfordien des crus d'une densité hors du commun. Très très loin des archétypes peu colorés, fluets et féminins qui semblent correspondre à l'image d'Epinal de ce Cru.  Volnay serait aussi fin et délicat que Pommard puissant et rude...une inimaginable erreur de jugement véhiculée par des générations d'écrivains se copiant sans cesse au fil des décennies voire des siècles.

  Le temps est venu de mettre un coup de balais à ces préjugés en redécouvrant la richesse ahurissante de ces crus sous-estimés tout en évaluant objectivement leur véritable potentiel. En ces temps ou des vins de pays surgit de nulle part peuvent se vendre dix fois le prix d'un très grand cru de haute lignée, il faut militer pour remettre à l'honneur la vraie nature des Champans, Caillerets, Chevrets, Fremiets, Santenots et autres...

  Vous lirez - je l'espère - le compte rendu  et les conclusions de la dégustation des crus qui suivent ci dessous en observant que nous n'avons pas évité les petits millésimes tout en resserrant nos principales investigations sur 4 crus principaux, isolés arbitrairement pour éviter les effets de dilution des conclusions.Je peux d'ores et déjà signaler que sur les vins dégustés plus de 80% méritaient une note supérieure à 90. Tous les convives sont sortis convaincus !...

Les vins :

Série 1 : « 2003 - trois terroirs - trois producteurs »  

Une série introductive qui faisait suite à la dégustation d’un Volnay blanc …enfin d’un Meursault-Cras 99 qui touche les vignes de l’A.O.C. Volnay-Santenots. Intéressante à plus d’un titre elle positionnait surtout la dégustation sur le plan de la géographie de la commune : Santenots au nord, Champans au sud et Fremiets au nord. Il était intéressant de comparer ces sols différents aux conditions climatiques de l’année. Je regrette vivement qu’un Volnay « Clos de la cave » 2003 de François Charles se soit montré liégeux à l’ouverture. Je n’ai pu le servir et je sais pour l’avoir dégusté deux fois récemment que sa nature de terroir  plus froide lui a parfaitement réussi dans ce contexte caniculaire et l’aurait sans doute placé au mieux parmi le trio qui suit.

  

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 2003 Domaine Buisson Charles : De couleur rubis et de profondeur moyenne dans le contexte de l’année, il exhale des notes fruitées marquées sur la fraise des bois et la framboise. Très classique dans sa forme, il séduit par son grain fin, ses tanins soyeux et un boisé absent. Il révèle la nature fine et délicate de ses terres pauvres et caillouteuses du dessus des Santenots et garde une fraîcheur de très bon aloi dans le contexte caniculaire.

 

Volnay-Fremiets « du dessus » 2003 Domaine François Charles : Un vin coloré, riche et dense. Sa structure généreuse souligne une trame tannique superbement équilibrée par une acidité basse. Solaire et droit il sort des canons habituels du Bourgogne classique mais puise dans cette nature une énergie remarquable. J’ai vraiment beaucoup apprécié le soyeux de la texture et l’impeccable longueur sur les fruits noirs et une note finement confite. Un vin de très belle facture.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 2003 Domaine Joseph Voillot : Robe violacée, intense et profonde. Nez puissant sur des notes de réglisse, puis à l’aération finement torréfiées/fumées. La bouche est tannique, sérieuse et même un peu austère face aux deux autres. Elle s’exprime dans un registre plus minéral et semble ne pas livrer encore toutes ses potentialités. Cadenassé à ce stade, si on le compare aux deux autres, il n’en possède pas moins une densité peu commune qui lui promet un très bel avenir. Très bien.

  

  

Pas de secret, les trois terroirs se montrent très différents, finesse des terres pauvres du Volnay, éclat et densité des terres plus hautes et plus blanches des Fremiets du dessus de François Charles et puissance « séveuse »  et austère des Champans de Voillot.

Série 2 : « 2002 – deux terroirs – deux producteurs »

Un joli millésime classique et frais qui faisait suite à la déroute des 2001 grêlés. Les vignes ont en général fournit de beaux rendements, mais l’état sanitaire parfait a permis de produire de petites merveilles de raffinement et d’élégance. Les vins sont en général bouquetés et fins avec une trame tannique serrée et soyeuse. Deux terres de bas de coteau qui possèdent des colluvions et des éboulis en superficie, avec toutefois plus de sol dans les Angles en moyenne.

  

Volnay-Chevret 2002  Domaine Nicolas Rossignol : Les Chevrets sont placés juste en dessous des Caillerets et comptent sans conteste parmi les plus beaux terroirs de la commune . Celui-ci est d’une densité peu commune. De couleur très sombre avec des reflets violacés, il embaume la merise, le cassis et les fruits noirs mêlés. Bâti autour d’une trame solide aux tanins abondants mais très fins, il s’exprime avec race sur de très nobles arômes terriens. La vinification est en tout point remarquable et préserve une suavité gourmande et expressive d’une longueur impressionnante. Une des très belles bouteilles de la soirée qui confirme le talent de ce diable de Nicolas Rossignol. Excellent +. 

  

Volnay- Les Angles Domaine Lucien Boillot : Un vin plus sévère de prime abord. Il possède une couleur sombre, profonde d’une rare intensité. Au nez il s’exprime de manière retenue sur la mûre et la fraise des bois, puis à l’aération en exhalant des senteurs plus épicées. La mati^ère est mûre, peu fardée et d’une très grande rectitude. Les tanins généreux indiquent une capacité de maturation importante. La longueur est remarquable. Très beau vin.

 

Deux vins deux écoles et deux grands moments de plaisir…cela indique sans conteste que dans la querelle qui oppose parfois anciens à modernes, la vérité dépasse les clivages réducteurs. Deux très beaux vins tout simplement.

 

Bouteille « isolée » :  « 2000 – Volnay-Santenots du Milieu –Mikulski »

 

Le terroir « du milieu » a toujours été considéré comme le meilleur des Santenots. A juste titre. Dans ce millésime difficile il était intéressant de voir le comportement de celui-ci chez un vigneron qui réussit toujours particulièrement sa cuvée. Placé à l’extrémité sud du climat il cultive une vigne chétive qui souffre un peu d’enroulement et qui de ce fait est des moins productrices. La vinification est soignée et inclus le tri sévère et l’égrappage des raisins.

  

Volnay-Santenots « du Milieu » 2000 Domaine François Mikulski : La couleur pourpre, assez profonde, surprend dans le contexte du millésime car celui-ci avait donné des peaux très fines, peu propice à générer des vins foncés. Le nez est très séducteur et embaume l’aubépine et la ronce mais aussi la framboise. Très fraîche, la bouche est fluide souple et possède une très belle densité dans le contexte de l’année. La longueur est remarquable. Une très belle réussite qui place le cru au niveau de ce que j’ai dégusté de plus abouti en Bourgogne dans ce millésime. Excellent.  

 

Série 3 : « 1999  – trois terroirs – trois producteurs »

99 est un millésime éblouissant qui conjuguait la maturité des fruits et un équilibre physiologique parfait. Il était dès lors intéressant de percevoir la part du terroir dans le grand oeuvre des vinifications des vignerons. Bien entendu j'avais choisi des approches très différentes, dues à des personnalités de vigneron très singulières, en opérant en lien tacite avec la série qui suivait.

  

Volnay-Fremiets « du dessus » 1999 Domaine François Charles : Robe profonde, à peine frangée d'acajou. Le nez est puissant et très mûr, absolument pas marqué par le bois et d'une densité remarquable qui conjugue des notes de prune, d'aubépine et de ronce. La trame est très serrée, ample et possède des tanins fermes d'une très belle distinction. Les notes aromatiques complexes du nez réappraissent en bouche et magnifient une finale qui possède une  belle rémanence.Très bien+.

  

Volnay-Caillerets « partie médiane »1999 Domaine Lucien Boillot : Un vin d'une rare distinction qui a littéralement séduit l'ensemble des convives. Robe très profonde, nez distingué et racé sur des notes épicées se mariant avec les fruits rouges frais et la griotte finement amère. Corps svelte,droit,très sain qui respire la jeunesse et la tonicité. Un vin d'une puissance formelle splendide qui termine longuement en enveloppant le palais de sa texture douce et subtile sur des saveurs de sureau, de merise et de truffe noire. Hors classe.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1999 Domaine Joseph Voillot : On connaît la qualité général impressionnante des vins du domaine. Croisez là avec une année comme 99 et vous obtenez un vin à couper le souffle. Digne des plus grands crus bourguignons de l'ère moderne, digne de l'éloge de tous les professionnels qui étaient autour de la table; pour sa race vibrante, son centre d'une générosité ébouriffante et son allonge absolument hors norme. Aussi bon que l'Epenots de Vaudoisey ou le Musigny de Mugnier dans le même millésime, aussi précis que le Corton-Bressandes de Tollot ou que le Cheval Blanc 90. Songez que le 2005 en élevage est peut-être plus grand encore...ce qui paraît proche de l'impossible ! Hors classe.

  

  Une série parfaite ! Trois grands vins à leur meilleur avec des expressions dissemblables mais tellemnt complémentaires. Un petit plus au Champans dans sa forme atemporelle, totalement en dehors des modes, mais si noblement aboutie. Respect

 

Série 4 : « 1999/1997  – Chambertin  – Volnay-Chevret - Volnay-Ronceret »

Vous le savez je positionne le Chambertin au sommet de mon pantheon personnel des grands vins bourguignon; à l'égal des plus grands vins des autres régions. Dans cette série, j'ai voulu éprouver les 99 dégustés auparavant en leur "offrant" en challenger, un des plus grands Chambertin de l'ère moderne. Les vins de Nicolas Rossignol me paraissaient aussi  s'approcher - sur le plan formel - de l' élevage luxueux que les grand crus de la Côte de Nuits connaissent...En fait j'étais joueur !

  

Chambertin 1999 Domaine Jean Trapet :Servi en premier derrière les trois 99 de Volnay. Il n'a pas déçu en dépit d'une bouteille qui paraissait dans une forme moyenne. Manque de nerfs à l'ouverture, manque de souffle dans ce cru d'élite si souvent dégusté à son avantage. L'aération a rétabli la juste valeur des choses en autorisant une vraie complexité olfactive sur la merise et la griotte sauvage mais ausi sur une fine torréfaction boisée. La bouche est encore austère et les tanins abondants ne sont pas tous au diapason d'une suavité latente pourtant bien présente. Une très longue finale réglissée vient révéler la race indéniable du cru.

  

Volnay-Chevret 1999  Domaine Nicolas Rossignol : Carafé une heure avant le service pour qu'il dégaze un peu son CO2 résiduel présent. IL s'est montré vraiment de très haut niveau. Puissant, long, fin, délicat et d'une suavité époustouflante. A 15° dans le verre c'est un très grand vin , à 17° il est renversant et se positionne carrément au même niveau que le Champans de Joseph Voillot. Plus gourmand dans sa forme, plus civilisé et moderne mais tout aussi structuré et complexe. Notes d'épices, de camphre et de caroube, mais plus que tout un côté fumé très subtilement giboyeux d'une personnalité extravagante. La très grande classe.

  

Volnay-Ronceret 1997  Domaine Nicolas Rossignol :Une autre année très mûre, grandement sous-estimée par les puristes. Le Ronceret est moins bien placé que les Chevrets, Dans une partie basse, caillouteuse mêlée de terre brûnâtre, il donne un des crus les plus minéraux de l'appellation. Très proche dans sa forme de la partie basse des Champans sans son ultime allonge il séduit ici par ses notes mûres de griotte sauvage et de fraise des bois. En bouche il se fait plus strict, plus anguleux mais procure une grande sesation de tonicité. Un athlète au corps musclé. Belle finale sur la mûre. Très bien.

  

Une série merveilleuse encore qui n'a connu aucun temps faible et qui à ce moment là nous a vraiemnt fait penser que ces vins étaient les meilleures affaires de la Bourgogne récente. Mais ne nous emballons pas, pour un millésime 99 l'appellation a connu deux grêles dévastatrices récentes (01/04), ce qui a entraîné quelques difficultés de trésorerie chez certains et sans doute un petit ralentissement vers un niveau qualitatif ultime. on se dit que décidément 99 est l'année de Volnay et de la Côte de Beaune et que les 2005 ont en eux - peut être et de manière différente dans la forme - une grandeur équivalente.

 

 

Série 5 : « village »- Mitans, Caillerets, Champans Millésimes jeunes et « difficiles »…

  Une série de vins du milieu des années 90. Des années assez dissemblables. On promettait le nirvana aux 96 et le pire - et surtout la dureté - aux 95, et puis des 98 difficiles en raison de tanins très fermes et austères.

  

Volnay 1998 Domaine Lafarge: une déception. Le vin est court, sec et sans relief et la finale metallique ne plaide pas pour lui. Plusieurs fois dégusté, plusieurs fois très déçu. J'ai bu tellement de bonnes choses à cett adresse pourtant!

  

Volnay-Caillerets 1996 « partie médiane et basse »Domaine de la Pousse d’Or : Une déception aussi pour ce cru de haute lignée. Dilu et mince sur des tanins souples et un léger CO2. Une bouteile sans race et sans fond, un tout petit Cailleret.

  

Volnay-Champans 1995«  partie nord du climat »  Domaine Joseph Voillot : Retour du grand style avec cette bouteille puissante aux tanins fins très distingué. Grande race, longueur impressionnante pour une expression massive d'un champans loin de son apogée. Superbe dans le contexte de l'année.

  

Volnay-Mitans 1996 Domaine Christophe Vaudoisey : Un vin bien vinifié, souple et élégant mais possédant une matière en retrait. Du niveau d'un beau village dans un millésime moyen, mais pas d'un premier cru dans un grand millésime. Le domaine a fait bien mieux depuis. 

 La seule série véritablement décevante de la soirée. Des vins ternes - à l'exception du Champans- qui ne font pas honneur à leurs terroirs.

  

 

Série 6 : « 1990 – un cru – trois producteurs »

1990 est le dernier très grand millésime de Bourgogne rouge à parfaite maturité. L’année potentiellement idéale qui dès sa naissance a défrayé la chronique pour sa grandeur. Comparer trois Champans de trois producteurs différents dans ce millésime était par avance un très beau moment de dégustation et j’ai particulièrement apprécié la singularité de chacun de ces crus.

 

Volnay-Champans « partie centrale » 1990 Domaine d’Angerville : Le domaine ne s’est jamais préoccupé des modes et de fait, son vin se montre ici quasi atemporel. Robe légèrement acajou, nez « séveux », pénétrant de girolle, de menthe sauvage et de poivre blanc. La trame est austère, tannique et possède une très grande intensité qui ne semble pas encore domptée. Un vin droit et strict qui affirme noblement une nature terrienne et des accents sauvages. Donnons lui du temps encore…

 

Volnay-Champans « parie médiane haute » 1990 Domaine Jean-Philippe Fichet : Assez proche du précédent au niveau de la robe acajou, profonde et encore jeune, il se montre très différent dans son profil olfactif : Notes de griotte, d’amandes amères, de réséda et de caroube d’une merveilleuse intensité. La souplesse des tanins magnifie une structure dense et cette texture veloutée introduit de forts nobles arômes de fruits noirs, de prune et d’épices. U très grand Champans abouti et nerveux qui a séduit l’ensemble des dégustateurs et son concepteur présent.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1990 Domaine Joseph Voillot : Un vin d’école, précis, fin, élégant et très engageant. Il émerveille par sa race formelle et ses notes aromatiques sanguines puis terriennes qui tapissent le palais longuement avec une infinie délicatesse. Un vin de velours qui relève le gant de la puissance maîtrisée et de la race ultime des très grands terroirs de volnay. Une simple merveille.

 

 

Série 7 :  « Deux millésimes – Un cru – Un producteur »

Pour comparer 90 et 85 les deux grandes années de cette période sur une vendange entière qui a livré des vins généreux et longs à se faire. Aujourd’hui ils sont à maturité, mais curieusement avec ce style de vinification, nous les percevons comme figé dans le temps, comme s’ils n’évoluaient et ne vieillissaient  plus…

 

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1990 Domaine Buisson Charles : robe sombre, légèrement acajou sur des accents de ronce et de poivre vert. Texture souple, élégante, raffinée sur un corps svelte et puissant. Les notes de mûres, de cannelle et de poivre blanc s’associent en un profil aromatique nerveux et aérien. Un vin qui s’ouvre aujourd’hui et qui possède encore de la réserve pour demain.

   

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1985 Domaine Buisson Charles : Plus léger en couleur, il livre un message très fin, très élégant sur un fruité d’une jolie pureté naturelle. Un vin hors du temps qui semble ne pas vouloir dire son âge et qui tapisse le palis sur de subtiles notes de cerise confite et de fraise des bois.  Délicat.

  

 Des profils très différents : Une « vision » très classique du Volnay pour le 85. Mais incontestablement plus de poids dans le 90

 

 

Série 8 : Les « vieux millésimes  servis un à un sans ordre établi »

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1984 Domaine Buisson Charles : une toute petite année dans un contexte de maturité difficile et un vin dépouillé, mince et fluide. Il manque de concentration et de complexité mais possède encore un fruité pur qui peut faire illusion... Simple.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1981 Domaine Joseph Voillot : Une année moyenne de faible rendement a donné ici un vin assez riche et souple qui possède un beau support tannique. Notes cacaotée, poivrées et finement giboyeuses sur une longueur moyenne. Très beau dans le contexte du millésime.

  

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1978 Domaine Buisson Charles : Une très belle année mûre qui a donné des fruits d’un équilibre parfait. Texture douce, enveloppante et trame précise et complexe sur des notes de prune, de fève de cacao et d’épices. Très belle longueur et jolie émotion de la tablée. Excellent.

  

Volnay-Fremiets « partie basse du climat » 1978 Domaine Joseph Voillot : Enveloppant et bouqueté sur des notes assez proches du Santenots. Un vin opulent, concentré, bâti sur une trame très souple d’une infinie délicatesse. Une vision très classique d’un Volnay à parfaite maturité. Superbe.

  

Volnay-Caillerets 1982  Domaine Joseph Voillot : De couleur légère et d’impression diluée il se révèle d’une complexité fantastique sur des arômes de griotte sauvage, de bois de cèdre et de fraise des bois. Le plus délicat des crus de la soirée, le plus évanescent aussi. Très beau vin de millésime abondant.

  

Volnay-Santenots « Bas des Petures » 1976 Domaine Ampeau : Très racé et encore jeune sur un grain tannique ferme mais pas astringent. On retrouve les fines notes fumées caractéristiques de ce terroir de Petures et les fines notes de réglisse qui soulignent une très belle finale distinguée et longue. Très bien.

  

Volnay-Fremiets « du dessus » 1976 Domaine François Charles : Plus concentré que le précédent sur un grain tannique plus poli et une très belle douceur de constitution. Un vin riche et droit qui décline avec classe des notes de pruneau et de caroube. L’ensemble est impressionnant de fraîcheur et se montre vraiment très séduisant. Excellent. 

 

Volnay-Caillerets « ancienne cuvée Carnot » 1976 Domaine Bouchard père et fils : Un magnum entaché d’une petite trace d’amadou due à un bouchon imparfait. A l’aération le défaut s’estompe et montre un vin structuré au fort caractère. Il embaume la girolle et l’humus. Une longue finale fruitée souligne la race de ce très noble terroir du cœur des Caillerets. Quel potentiel encore.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1964 Domaine Joseph Voillot : un vin parfait. Couleur sombre d’une tenue impeccable, à peine frangée d’acajou. Nez fruité, très complexe sur des notes subtiles de sureau, de groseille et de ronce mêlées. Bouche précise, droite et enveloppante qui tapisse le palis en une caresse d’une grande sensualité. Un vin émotion d’une absolue rigueur qui signale la fantastique réussite de cette année à Volnay. Hors norme.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1959 Domaine Joseph Voillot : Le 59 est au même niveau mais avec un peu moins de fond et encore plus de subtilité aromatique. On découvre des notes de fleurs fanées, d’épices orientales, de caroube et de réséda. La bouche est soyeuse et parfaitement polie par une longue maturation en cave fraîche et le vin semble comme suspendu dans le temps. Une merveille.

 

 

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Gevrey-Chambertin: Présentation du Millésime 2010

Publié le par Patrick Essa


Préambule...


  La dégustation a eu lieu à Beaune le Vendredi 18 Novembre à l'Hotel de la Poste et Degustateurs.com était invité à y participer en tant qu'organe médiatique web. Ainsi nous avons le plaisir avec "filduf" de vous relater par le menu cet évènement en "chroniquant" chacun l'ensemble des vins que nous avons dégustés durant plus de six heures.

  Le croisement de nos notes avec celles de la presse papier - il y avait des représentants de la revue des Vins de France, de Bourgogne Aujourd'hui, Michel Bettane, Bill Nanson de Burgundy Report (cliquez sur son nom pour lire ses notes), Jacky Rigaux et Patrick Maclart de BWB - sera je pense très intéressant à observer pour les amateurs des vins de cette commune prestigieuse et j'ai hâte de constater dans les semaines à venir le retentissement de cette manifestation originale - si ce n'est originelle - et plus encore la présentation que revêtira chacun de ces comptes rendus. Quelque chose me dit que pour la première fois véritablement, la "presse web" aura plus d'incidence et de réactivité que la presse "papier"...une autre ère médiatique s'ouvre pour l'internet du vin qui se voit désormais traité d'égal à égal avec les journalistes traditionnels. Des vignerons qui invitent la presse de toutes obédiences à déguster leurs crus...c'est une idée qui change diamétralement de celle qui consistait en Bourgogne pour les viticulteurs d'une commune à être invité par une revue à "présenter des vins"....Le rapport de force n'est certes plus le même!

 Gageons que l'ensemble des communes emboitera le pas à Gevrey dans un avenir très proche car l'idée qui consiste à faire déguster le vin fini juste avant sa mise en bouteille est sans doute sage.

 Cela dit je participe depuis plus de douze ans à ces séances "primeurs" - naguère organisées à la fin de l'hiver -et il m'a toujours semblé que les réussites individuelles étaient beaucoup moins importantes que la possibilité de "jauger" la qualité du millésime dans une appellation. On le fait en Novembre aux Hospices de Beaune et en Mars à ceux de Nuits. Les professionnels de la presse goûtent tous sur futs de temps à autres et les vignerons entre eux font de même. Mais ce qui pose sans doute "problème" c'est la fiabilité et l'objectivité des évaluations produites. Pour cela les échantillons présentés se doivent d'être représentatifs du vin lorsqu'il "fini" et les dégustateurs capables de comprendre l'équilibre et le potentiel d'un vin jeune qui assurément n'a pas encore réalisé tout son potentiel.

 Si de mon point de vue l'instant "t" importe peu il est toutefois évident qu'il existe une vraie difficulté à objectiver son jugement avec lisibilité. Chacun  disposant de sa grille de référence en étant persuadé détenir "la bonne"! Difficile parfois dans ces conditions de se mettre en phase entre professionnels de la vinification et professionnels du compte rendu. Ainsi le vigneron s'est parfois forgé une culture du goût référée  à ses connaissances propres fort différente de celle de l'évaluateur qui investigue un champ plus large et décrypte des vins de tous horizons. Le curseur des exigences n'est ainsi pas toujours placé aux mêmes endroits et sur les mêmes "fondamentaux". L'un pense "richesse de constitution et potentiel" quand l'autre est centré sur un équilibre général et des arômes plus ou moins persistants. Un "hiatus" qui ne peut se dissiper que par un travail d'investigation très rigoureux fait en profondeur et sur la durée. L'évaluateur se doit donc d'être un fin observateur doublé d'un solide technicien de la dégustation maîtrisant plus que partiellement les mises en œuvre de vinifications. Je regrette à ce titre que le plus influent des observateurs du Bourgogne - Allen Meadows - n'ait pu se déplacer pour compléter ses écrits précis sur ce millésime  mais je gage qu'avec le temps il sera partie prenante de cette initiative judicieuse et juste.


Caractère du millésime 2010:

Bien sûr il est tôt pour affirmer avec justesse ce que sera au final ce millésime qui clos la première décennie du 21°siècle. Parlera t'on dans les années à venir d'une classique année de transition ou d'une expression idéale pour telle ou telle couleur? Sans être devin, je puis donner ici quelques éléments objectifs qui renseigneront de manière simple ceux qui chercheront à investir dans quelques bouteilles de ce "vintage".

Au plan général:

  • L'année fut assez tardive et a souffert de la coulure et des gelées noires d'hiver. Dans les deux couleurs les rendements enregistrés ont été les plus faibles des vingts dernières années.
  • Le cycle végétatif assez long et les vendanges effectuées à la fin de Septembre ont donné des vins très classiques disposant d'une vraie concentration naturelle, d'acidité assez élevées et de tanins - pour les rouges - abondants et fins. Les raisins étaient la plupart du temps mûrs, sains et concentrés. C'est un fait avéré.
  • Les crus ont fermenté assez lentement et disposent de bons potentiels aromatiques. Les FML se sont souvent déclenchées tardivement et continuent et se sont finies à la fin du printemps pour de nombreuses cuvées. Certaines se sont même terminées durant l'été et les vendanges 2011 mais elles sont assez rares.

Les vins rouges:

  • Les équilibres acides/sucre sont meilleurs qu'en 2009 et les moûts sont plus concentrés potentiellement. Ils feront dignement suite à ce grand millésime.
  • En revanche les tanins sont plus fermes, le fruité est plus "mat" et si la matière est leur point fort ils font plus penser aux 2005 dans leur forme austère qu'à la douce subtilité séductrice de 2009. Ils me semblent ne pas posséder toutefois toute l'énergie des grands 2005 mais sur le plan stylistique, ils leur ressembleront un peu.
  • La tendance réductrice de nombreuses cuvées devra être surveillée car elle pourrait enlever de la pureté à certains vins.
  • Les vins auront nettement des profils de vins de garde, à attendre avec patience.

Si 2009 me semble être une année à dominante "pinot", 2010 sera à mon sens encore plus réussie en chardonnay, même si certains pinots sont très loin de démériter.

 

Caractère du finage et de ces climats: Le finage de Gevrey-Chambertin

Le vignoble de Côte d'Or est articulé autour de deux grands mouvements qui se répondent. Au sud le synclinal de Volnay est le parfait "pendant" de l'anticlinal nord de la Côte de Gevrey-Chambertin.

Entaillé d'une Combe puissante - la Combe Lavaux - le finage de Gevrey est marqué par des sols argilo-calcaires du jurassique qui composent un substratum complexe se déclinant en de multiples expressions "climatiques". Schématiquement deux côtes se font face avec au sud la fameuse Côte Chambertin où se trouvent tous les grands crus et au nord la non moins qualitative Côte Saint Jacques qui n'a pas eu la chance de voir ses climats classés dans la plus belle des catégories mais qui en est sur de nombreux points, fort digne. Ajoutez à cela une partie centrale composée de colluvions du cône de déjection de la combe et vous obtenez une multitude de climats qualitatifs et singuliers.

Le lecteur comprendra aisément qu'il est absolument impossible de comprendre ce finage sans avoir isolé la nature complexe de chacun des terroirs qui le compose et de chacun des crus qui en sont issu. Je vous invite donc à faire en ma compagnie ce tour - de force - improbable, non s'en vous prévenir qu'il sera long et sans doute sujet à débat. Tant il apparaît évident que l'agrégation de savoirs formels a besoin du nécessaire contre-point de ceux qui les éprouvent sur le terrain.

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Les cuvées d'assemblage ou ne revendiquant pas une origine "climatique" unique

Très souvent ces cuvées "rondes" comportent plusieurs origines dans leur composition. Loin d'être moins qualitatives que les crus isolés, elles combinent la personnalité de plusieurs lieux-dits complémentaires qui apportent chacun leur "originalité" au vin final. J'ai apprécié leur niveau général non sans souligner qu'elles se présentent sans "véritable" unité associée à leur finage. Elles sont assez fortement estampillés du sceau de leurs concepteurs et peuvent se révéler aussi bien sur un vrai naturel fruité que sur des process d'élevage marqués, parfois - avouons le - à l'excès. Toutefois aucune déviance n'est à noter à ce stade - avant mise en bouteille, fermentations terminées - même s'il subsiste quelques caractères "réducteurs" à associer à la singularité de l'année autant qu'aux options de vinification.

Certains connaissent mon aversion pour la sacro-sainte évaluation chiffrée. Je suis pourtant très versé dans la question docimologique en d'autres lieux mais précisément ma formation d'enseignant s'accomode bien mal de ses chiffres jetés à la va-vite pour graduer un plaisir ressenti aussi fugace qu'arbitrairement lié à une culture composite. Je renvoie donc le lecteur au texte que j'ai écrit sur la question il y a plusieurs années. Cela aura au moins le mérite de clarifier les choses...du moins je l'espère!

Gevrey-Chambertin "les racines du temps" 2010 - Domaine Bernard Bouvier: Les vins étant présentés de manière alphabétique pour une parfaite probité, il fut assez réjouissant "d'entamer la partie" par un vin d'une rare plénitude de constitution. Couleur sombre, nez torréfié annonçant un boisé saillant et bouche suave et enveloppante disposant d'un corps impressionnant. Cette cuvée - je crois issue des Jeunes Rois de Brochon au moins en partie - est un des "must" de la commune depuis dix ans et encore une fois elle affirme une classe impeccable et une race digne d'un joli premier cru. Chapeau. Excellent+

Filduf a écrit:


Gevrey-Chambertin "les racines du temps" 2010 - Domaine Bernard Bouvier : Premier vin dégusté et le modèle de l’année semblait déjà dessiné. La robe est sombre, le nez de grand pinot retarde la mise en bouche…et c’est ennuyeux car il reste tous les autres à déguster ; on y revient donc plus tard pour constater le très beau volume de ce Gevrey et le haut niveau des vins du Domaine.

Gevrey-Chambertin 2010 - Castagnier: La partie des Seuvrées cultivées par le domaine apporte ici une touche délicate et sensuelle à un vin harmonieux souple et fort élégant. Le boisé est assez discret et "classieux" et l'ensemble construit sur des tanins polis. Finale de bon aloi pour un vin pur et séduisant. Bien +

Filduf a écrit:

Gevrey-Chambertin 2010 – Domaine Castagnier : Un Gevrey presque féminin, en tout cas sensuel issu des Seuvrées au sud de Gevrey aux confins de Morey. Le Gevrey de Jérôme Castagnier n’est pas, en 2010 comme les autres années, le vin le plus étoffé du Domaine ; il est très frais cette année.

Gevrey-Chambertin 2010 - Charlopin: De robe sombre et d'impression nasale mûre, ce Gevrey issu pour partie de la Justice cultive la douceur tannique et un vrai raffinement de texture. Sans doute proche de sa mise en bouteille "potentielle" il exhale de fraîches senteurs de fruits rouges sur une matière soyeuse. Un vin franc et net. Bien +

Gevrey-Chambertin 2010 - Chevallier: Couleur rubis, senteurs un peu torréfiées et corps svelte composent un Gevrey franc et léger qui pourra être consommé en jeunesse. La mise approche car le vin semble "près". Tanins fins, boisé intégré. Assez Bien.

Gevrey-Chambertin 2010 - Drouhin Laroze: Dans une phase ingrate, le vin s'est montré un peu raide et sans ce poli qui signe les cuvées du domaine habituellement. Le nez un rien éventé pourrait signaler un SO2 libre bas ce qui resserrait les arômes ce jour là. A revoir.

Gevrey-Chambertin 2010 - Sylvie Esmonin: La couleur très sombre à reflets rubis introduit un nez épicé à souhait - on sent une probable vendanges entières - en même temps que surligné par un boisé beaucoup trop dominateur. Cela se confirme en une bouche compacte et puissante qui "bénéficie" des lourds tanins d'un boisé que je n'ai pas apprécié car beaucoup trop démonstratif. Dommage car la matière initiale semblait d'excellent niveau et surtout construite sur une acidité fringante car la salinité finale était au rendez vous. Destiné aux amateurs de vins du nouveau Monde et aux palais peu avertis de la finesse constitutive bourguignonne. Un peu de naturel que diable! Moyen-Assez bien.

Gevrey-Chambertin 2010 "Vieilles Vignes" - Jérôme Galeyrand: Une couleur assez légère et un nez discret signe sans doute un vin qui se place dans une phase gustative ingrate. Il n'est manifestement pas "près" mais certains signes plaident pour une qualité qui est un peu masquée. Les tanins sont abondants et un peu anguleux, les senteurs fines et purs et la tension interne remarquable. Je crois au potentiel de cette cuvée qui semble un peu typée par une proportion de baies entières. Bien- Très bien.

Gevrey-Chambertin 2010 - Emilie Geantet: Beaucoup de souplesse dans cette cuvée ronde harmonieuse et sensuelle qui bénéficie d'une vinification attentive n'ayant pas forcé sur l'extraction. Très frais et naturel avec ses arômes de griotte amère, le vin est déjà d'une insolente digestibilité. Pas la carrure d'un premier cru mais le juste niveau d'un très bon village. Très bien.

Gevrey-Chambertin 2010 "Vieilles Vignes" - Jean-Michel Guillon: Très sombre, d'impression mûre et bâti sur un corps dense, c'est un vin qui en impose de prime abord. Las, des tanins un peu rêches le marque dans une finale pourtant rémanente. L'élevage impose sans doute encore de l'attendre avant de le placer sous verre. Bien + - Très bien.

Gevrey-Chambertin 2010 " Vieilles Vignes" - Harmand Geoffroy: Le nez un peu lactique répondait à une couleur sombre. Si j'ai été un peu gêné par le profil olfactif initial, la bouche m'a pleinement convaincu par sa densité. Tanins souples, matière très serrée et superbe "touché de bouche" pour une cuvée qui année après années confirme son "standing". Longue finale. Très bien +

Gevrey-Chambertin 2010 - Heresztyn: Comme toujours la finesse et la légèreté marque cette cuvée pure et aérienne qui se fait ici séductrice par la douceur de son grain. Un vin de mi-corps qui évoquerait presque la nature d'un Chambolle tout en préservant la fougue du Gevrey. Bien.

Gevrey-Chambertin 2010 "Vieilles Vignes" - Humbert: Finement réduit et marqué par une torréfaction boisée un peu saillante, le vin est néanmoins bien équilibré sur une acidité qui tend sa matière et allonge la finale. L'assemblage final comportera sans doute un peu moins de marque boisée et cela lui ira comme un gant! Bien.

Gevrey-Chambertin 2010 - Taupenot-Merme: Dans un registre délicat et frais difficile à obtenir en 2010, le domaine signe une cuvée très pure et soyeuse. Les tanins sont sans aspérité, la couleur assez légère mais très intense et la matière harmonieuse. Pas un monstre de puissance mais quel charme! Bien ++

Gevrey-Chambertin 2010 "Vieilles Vignes"- Marc Roy: Trois cuvées présentées dont Clos Prieur et la cuvée Alexandrine. Celle-ci se montrait lactique et marquée par la réduction. Une petite animalité marque encore une bouche très mûre et fluide disposant de tanins polis. Pas en place en ce moment. A revoir.

Gevrey-Chambertin Cuvée Alexandrine 2010 - Marc Roy: La couleur foncée annonce un vin dense et puissant. Cela se confirme en bouche par une très belles pureté des senteurs alliant avec intensité une fine torréfaction et des notes de fruits noirs et de poivre blanc. La bouche est fort bien équilibrée entre juste acidité et tanins fondus et la longueur est digne d'un bon premier cru. Un excellent potentiel pour cette cuvée. Très bien +

Gevrey-Chambertin 2010 - Thierry Mortet: Couleur assez sombre et nez centré sur la mûre et le bourgeon de cassis...manifestement le vin est en fin de réduction. Cela n'empêche pas la matière de s'exprimer en une bouche droite et compacte, construite sur des tanins fins et un corps imposant. Très beau vin! Très bien +

Gevrey-Chambertin 2010 "Vieilles Vignes" - Naddef: Comme souvent au domaine la couleur est très sombre. Centré sur un nez torréfié et quelques peu animal, les senteurs de fruits noirs pointent à l'aération et se montrent assez complexes et intenses. Bouche compacte et énergique dont les tanins marqués ont un peu de mal à ne pas "assécher" quelque peu la finale. Patience car la densité est là. Bien.

Gevrey-Chambertin 2010 - Philippe Rossignol: Un nez mentholé exhalant également des senteurs épicées souligne une couleur sombre. En bouche le boisé de l'élevage est encore présent mais ne masque en rien une matière puissante qui porte une finale rémanente. Donnons lui le temps de fondre son boisé mais le vin a une sacrée personnalité. Très bien

Gevrey-Chambertin 2010 - Sérafin: Une couleur sombre aux accents violacés précède un nez torréfié, fortement marqué par l'origine de son boisé. Si la bouche est riche et carrée, elle manque aussi de dessin et pourrait s'égarer avec bonheur du côté de la finesse. Un vin "dur" et austère qui doit encore être élever quelques temps. A revoir.

Gevrey-Chambertin 2010 - Tortochot: Sans doute l'un des vins les plus décevants de la série. Couleur légère, senteurs ligneuses et matière végétales font de ce vin un bien modeste exemple de ce que la commune peut - et doit - produire. La bouche est maigre et dure. Une déception. Très Moyen.

Gevrey-Chambertin 2010 -Trapet: Quel beau vin! Matière concentrée, couleur rubis profonde, et senteurs de baies rouges mêlées aux épices et au bâton de réglisse. Une merveille d'équilibre, de douceur tactile, de naturelle et de distinction pour une vinification d'une rare adresse. La classe! La meilleure cuvée "ronde" de l'année. Hors classe dans sa catégorie.

Les cuvées de niveau "village" revendiquant une origine "climatique" unique

Gevrey-Chambertin Clos Prieur 2010 - Marc Roy: Un assemblage de Clos Prieur incluant une notable proportion de ce finage classée premier cru donne ici un vin très élégant. La matière est assez dense, le grain tannique fin et la longueur impeccable. Une belle bouteille en perspective. Bien +

Gevrey-Chambertin Clos Village 2010 - Livera: Un "petit" Clos situé juste dessous le domaine familial en haut de Gevrey. On sent immédiatement une belle "présence" avec ce vin finement marqué par un boisé de qualité. Cela se confirme en bouche par une douce matière soyeuse et une séduction aromatique évidente procurée par de forts racés arômes réglissés. Belle finale pour une future réussite. Très bien.

Gevrey-Chambertin Evocelles 2010 - Livera:
Il s'agit sans doute de l'un des climats "village" les plus qualitatifs de toute la Bourgogne rouge. Situé sur Brochon dans un secteur accidenté et fort pentu, il termine la merveilleuse Côte Saint Jacques au sud qui ne porte aucun cru "mineur" et qui se devrait même d'en compter de grands! Celui-ci est impeccable de richesse et de tension et s'exprime avec bonheur sur des accents de sureau et de poivre blanc mêlé à une très subtile touche d'églantine. Wow mais quel beau vin! Félicitation à Damien pour ce remarquable "tour de force". Excellent.

Gevrey-Chambertin Les Grandes Rayes - Laroze de Drouhin: J'affirme - avec un brin d'humour- que je dois être "le plus grand connaisseur au monde" du lieu-dit Grandes Rayes car je le parcours en long et en large avec mon sac de Rugby sur le dos quasiment chaque jour...comprenne qui pourra! L'endroit n'est certes pas le plus impressionnant de la commune car situé sur le cône de déjection, derrière la nationale et bien bas par rapport à ses pairs. Cependant j'affirme que le sol n'y est en rien médiocre car fort caillouteux et parfaitement drainant. Les vignes y ont de plus un âge respectable et je pourrais même vous découper le lieu-dit en positionnant chaque propriétaire avec sa manière de le "conduire". Mais cela dit je vais essayer de ne pas m'égarer trop loin de ce vin de la nouvelle maison de négoce des enfants de Philippe Drouhin. Le vin est dans une phase un peu austère, bien robé et assez atone sur le plan organoleptique. J’aime toutefois sa tension et la densité d'une matière qui va sans doute s'harmoniser encore avant mise. Bonne longueur. Assez bien +

Gevrey-Chambertin En Champ - Geantet: Ce climat assez étendu est placé sur la Côte Saint Jacques juste en dessous du beau premier cru de Champeaux non loin de Combes aux Moines et de Cazetiers. En de nombreuses communes il eut été classé aisément au rang de premier cru mais voilà Gevrey est un finage important et au moment des classements il a fallu faire des choix. Gageons que ces "Champs" là valent bien les crus situés entre les deux Côtes et même probablement les dépasse. Tant mieux au fond pour l'amateur qui peut y trouver matière à rechercher des vins de haut vol qui ne sont pas trop prohibitifs sur le plan tarifaire. Celui-ci est vraiment réussi. Il se présente sous une couleur rubis foncé, un nez très pur et délicieusement "fraisé" qui se complexifie à l'aération du côté de la mûre et des épices douces. Bouche longiligne et séductrice, équilibrée par une juste acidité et finale montante portée par des tanins sans aspérité. Très bien.

Gevrey-Chambertin En Champ 2010 - Denis et Arnaud Mortet: Le pinot noir est un vin de styliste car il met en demeure celui qui le vinifie de préserver sont fruit et son inimitable finesse de touché de bouche tout en lui donnant un corps athlétique et dense. On ne doit jamais mortifier la nature de ce cépage sous prétexte d'approcher de plus près son expression liée au terroir. Le domaine Mortet l'a bien compris et Laurence et son fils Arnaud continuent de suivre la voie qu'avait tracée Denis en livrant de grands vins a sensualité affirmée. Point d'aspérités ou de rectitude dans la trame des vins, non, ici on recherche la verticalité des arômes en sublimant la très fine granularité de la matière. J'aime ce raffinement qui pointe dès la couleur rubis et l'impression nasale très pure et puis cette enveloppe d'arômes de cerise griotte qui est intriquée dans la tessiture du vin. Un vin qui coule dans le palais en se frottant avec mœlleux contre lui et qui culmine en une finale aérienne. Un sacré beau boulot mes amis! Excellent.

Gevrey-Chambertin En Songe 2010 - Marchand Grillot: S'appeler En Songe et jouxter le cimetière...voilà qui doit sans doute donner des idées à ceux qui se reposent éternellement. Petit "village" coincé entre Chazières, Aux Vellé et Combe du Dessus, il participe sans doute un peu de la grandeur de la Côte Saint Jacques. Relativement peu incliné vers le levant dans une zone assez argileuse mêlée de cailloux c'est en général un vin assez terrien qui n'est pas dénué d'une certaine finesse. Le domaine Marchand y produit en général un vin corsé et altier. Mais ce 2010 est aujourd'hui dans une phase austère qui comprime les arômes et durcit la bouche. On sent qu'il y a de la matière mais il n'est pour l'instant pas près. A revoir.

Gevrey-Chambertin Aux Etelois 2010 - Rossignol-Trapet:
Etelois est situé juste sous les Griottes-Chambertin dans un endroit idéal à la production de crus fins, élancés et toujours très élégant. La parcelle des Rossignol-Trapet donne depuis 2005 un vin d'un raffinement ultime exceptionnel qui égale la plupart des crus de la commune. Ce 2010 ne fait pas exception à la règle et se montre d'une rare plénitude de constitution en même temps qu'il est équilibré par une fringante acidité. Arômes de réglisse, de prune et de fève de cacao pour un vin au potentiel remarquable.
Excellent.

Gevrey-Chambertin Vigne Belle 2010 - Thierry Mortet:
Des terres plus sablonneuses et limoneuses qu'en Petite Chapelle - cru situé juste au dessus de lui - donne souvent un caractère souple et coulant à ce village très distingué. Thierry Mortet en tire un vin fin et bouqueté dont je puis témoigner de la grande longévité. Celui-ci est superbe de profondeur et de classe par ses arômes intenses de cerise et de caroube très délicatement mentholés. La matière est portée par une juste acidité et la finale est longue et complexe. Une future réussite. Très bien +

Les premiers crus de la Côte Saint Jacques

Certains premiers crus de la côte ont une « aura » de grand cru pour de nombreux dégustateurs et il est parfois assez incompréhensible de constater leur niveau année après année sans pouvoir expliquer le « pourquoi » qui les a éloigné de la plus haute marche du podium au moment de la naissance des AOC dans les années trente.

A Gevrey à cette époque, le Chambertin brille de tous ses feux et de mémoire d’homme il a toujours été le premier avec son frère de sang le Clos de Bèze. Les vignes qui jouxtent ces deux terres sont plus morcelées, un rien moins bien exposées et moins considérées dans l’imaginaire communal, mais il faut dessiner un périmètre de vignes « grand cru » qui puisse satisfaire à la fois les propriétaires récoltants, les fermiers et le puissant négoce de la place ; tout en conservant la puissance de feu d’une commune qui est déjà à la première place de la côte de Nuits en compagnie de sa jumelle Vosne Romanée. En sommes il faut être capable de donner une belle surface de grand cru tout en préservant la notoriété et le sérieux de la commune en montrant que tout ne peut être classé et que surtout ce classement possède une logique. On découpera donc selon les limites joignantes des deux seigneurs précités. Un classement d’école qui – assez loin d’entériner des usages loyaux et constants – laisse sur la touche les meilleurs crus de la Côte Saint Jacques en minorant au moins trois crus de très ancienne notoriété : Le Clos Saint Jacques, la Combe aux moines et les Cazetiers.

Le Comte de Moucheron – châtelain de Meursault – possède alors l’intégralité du Clos Saint Jacques et se montre peu attiré par un classement hiérarchique qui lui paraît superflu du fait de sa position de monopole. A quoi bon classer un Clos qui de toute manière est déjà reconnu comme une tête de cuvée incontournable. Cazetiers, Estournelles et Combe aux Moines plus morcelés ne possèdent pas de vrais défenseurs influents. Les Veroilles appartiennent à M. Joliet et lui non plus ne se montre pas « acharné » pour classer cette merveilleuse entité exposée plein sud. Les instances légales ont semble t’il tranché sans avoir eu à entendre vraiment la « voix de la côte Saint Jacques » et en négligeant de manière fort légère les classements anciens. En effet le docteur Lavalle classe Verroilles, Saint Jacques et Clos Saint Jacques, Estournelles et Castiers (sic) en premières cuvées de finage comme Ruchottes, Grillotte (sic), Charmes haut, Chapelle haute et Mazy haut. Latricières, Mazoyères et toutes les parties basses des crus de la côte chambertin sont reléguées au rang de seconde cuvée…avouons le cette vision là correspond nettement plus à la réalité du terrain et à mon sentiment de dégustateur.

Le Clos Saint Jacques:

Voilà un clos qui a appartenu longtemps - en monopole - à la famille du Comte de Moucheron de Meursault. Il fut de ce fait éloigné d'un classement en grand cru car son statut de Clos ne le prédisposait pas plus que cela à ce classement d'un type "nouveau" dans les années 1930...funeste erreur! Aujourd'hui le Clos se partage entre cinq propriétaires et est dans son entier considéré comme le meilleur premier cru de Gevrey-Chambertin et sans doute même de toute la côte nuitonne avec les Amoureuses de Chambolle. Il se vend de ce fait souvent au prix d'un grand cru et en a toute la classe naturelle.

Terroir marno-calcaire, caillouteux et idéalement exposé au levant, il part de la base de la route de la Combe Lavaux pour finir proche des sapins. Sa situation de sortie de Combe associée à sa pente forte qui combine différents étages de températures en font une entité d'une complexité rare. Si l'on ajoute que chacun des propriétaires en possède un ruban le coupant d'Est en Ouest et donc de bas en haut, on comprendra aisément que ce vin est "naturellement" régulier et homogène.

Gevrey-Chambertin Clos Saint Jacques - Sylvie Esmonin: Le domaine exploite la parcelle la plus au nord du climat sur environ 1 ha. Séparé des Cazetiers par un mur célèbre cette cuvée est depuis plusieurs années vinifiée avec une proportion de vendanges entières et élevée dans les fûts de la maison Dominique Laurent. Des grains de merrains très fins, des séchages longs et une fabrication haute couture donnent à ces fûts une forte capacité à typer les vins en les impreignant d'une marque tannique très singulière... et j'avoue que celle-ci me dérange un peu trop parfois. Ce n'est pas le cas avec ce vin - beaucoup moins que dans la cuvée VV - qui se présente rubis et pur sur une discrète ligne nasale fumée. J'ai aimé le touché de bouche fin, les arômes de réglisse et de muscade mêlés, la sensation entre fleur et fruit sous jacente qui évoque l'églantine et la longue et délicate finale obtenue grâce à des tanins polis. Un beau vin en devenir. Très bien +

Gevrey-Chambertin Clos Saint Jacques - Rousseau: La parcelle Rousseau est à l'exact opposé de celle de Sylvie Esmonin puisqu'elle jouxte les Estournelles et les Lavaux au sud du Clos. Deux hectares d'un seul tenant qui s'expriment la plupart du temps sur une finesse de texture affirmée.De manière plus preignante qu'à l'accoutumée la couleur sombrement rubis marque la robe du vin et l'esprit. Le nez de griotte, de merise et de mûre embaume intensément en devançant une bouche très souple caractérisée par une douce impression acide et des tanins sans aspérité. Une caresse de vin, sensuelle et stylée qui signe la patte de ce terroir unique. Excellent.

Lavaux Saint Jacques:

Le terroir de Lavaux - ou Lavaut - sur Gevrey est sans doute l'un des plus austères de la commune. Placé dans la partie est de la combe dont il porte le nom, il est assez venté et il lui faut plus de temps que les autres pour parvenir à juste maturité. Toutefois lorsqu'il est cueilli parfaitement mûr il dispose d'une puissance et d'une complexité qui le place parmi les meilleurs crus de la commune. N'attendez toutefois jamais d'exhubérance de ce cru retenu en jeunesse. C'est un cru svelte et dense qui possède une nature compacte en même temps que terriblement puissante et un rien sauvage. J'avoue l'apprécier particulièrement et il me semble être le seul à pouvoir rivaliser avec les Cazetiers et le Clos sur cette Côte. Encore faut-il observer où il est produit car les parties hautes - plus caillouteuse - et basses - marquées par les argiles - n'ont pas toute la même expression.

Positionné sur un sol argileux et calcaire parsemé de bans marneux, Lavaux est orienté Sud-Sud Est et si la fraîcheur éolienne des vents de la combe l'impreigne, il est aussi marqué par une forte et tardive insolation. Entre froid et chaleur il dispose d'une des natures les plus originales du finage. Mesurant un peu plus de 9,5 hectares il est assez morcelé mais a la chance de compter de nombreux excellents producteurs le récoltant.

Gevrey-Chambertin Lavaux Saint Jacques - Duroché: Le domaine exploite près de 1,20 hectares dans ce climat. Naguère vendangé à la machine il voit depuis quelques année et l'arrivée de l'excellent Pierre Duroché, ses process revus vers des mises en oeuvre plus douces. Ce 2010 se montre toutefois un peu trop animal et avec un fruité en retrait qui ne l'avantage guère pour l'instant. Gageons qu'il trouvera ses marques avant la mise en bouteille car on sent poindre une matière racée. A revoir.

Gevrey-Chambertin Lavaux Saint Jacques - Tortochot: Comme pour le "village" je suis resté perplexe devant ce vin maigre et vert qui semble avoir été excessivement trituré avant l'encuvage et marqué par des raisins inaboutis sur le plan phénolique. Le domaine exploite ici 15 ouvrées (64 ares) et n'a pourtant pas l'habitude de décevoir de manière aussi flagrante. Faible.

Gevrey-Chambertin Lavaux Saint Jacques - Denis Mortet: Placé dans la partie médiane et basse la parcelle du domaine est un modèle cultural que j'observe depyis de longues années déjà. Naguère de nature austère et assez ferme face aux autres vins du domaine, ils se montre ici parfaitement harmonieux et fondu bien qu'un peu dominé par un boisé un rien trop saillant. Gageons qu'il le fondra car les tanins patinés expriment avec éclat la sensualité discrète d'un terroir souvent un peu brutal. Un beau et bon vin en devenir. Très bien +

 

Estournelles Saint Jacques:

   Tout contre le Clos Saint Jacques qu'il longe dans sa partie supérieure, le petit cru d'Estournelles - ou encore Etournelles - surplombe le Lavaux Saint Jacques. Marqué par des terres assez pauvres calcaro-marneuses il fait sans doute partie des vins les plus élégants et raffinés de la commune avec un caractère qui le rapprocherait singulièrement de l'équilibre d'un grand vin blanc. Terre d'altitude, un peu fraîche, ventée mais parfaitement ensoleillée grâce à son orientation au Sud-Est, je le tiens pour l'une des petites merveilles minorées de Bourgogne.

   Les vieux vins d'Henri Magnien, du très discret domaine Esmonin - à ne pas confondre avec Sylvie Esmonin - m'ont toujours séduit par leur style pur et ce côté tacile si caractéristique de ce climat? Emmanuel Humbert produit ici une pièce annuelle d'un vin hors norme qui est sans aucun doute "sa" grande cuvée. Recherchez ce cru car il le mérite!

Gevrey-Chambertin Estournelles Saint Jacques - Philippe Rossignol: Philippe Rossignol boise généreusement ses vins et aime les matières puissantes. Son 2010 combine ces deux éléments en lui donnant un profil sombre et sévère qui rend les arômes de fruits noirs un peu trop "mats". Les angles et aspérités du boisé rendent la bouche un rien trop rêche alors que l'on perçoit la fougueuse nature d'une matière singulière. Un vin à élever encore sans doute un hiver car il a une incontestable présence. Bien.

Les Champeaux:

Cru discret idéalement placé à la sortie du village de Gevrey en allant sur Brochon, coincé entre les Evocelles, les Goulots et les Combes aux Moines, Champeaux donne des vins énergiques et puissants à forte capacité de garde. Son sol exposé au levant, pentu et caillouteux est composé également de terres marno-calcaires parfaitement draînées. Il me semble assez évident que le cru porte en lui deux expressions distinctes liées àl'emplacement des vignes sur le coteau. Les parties hautes plus fraîches donnent des vins à tension affirmée qui doivent tempérer leur fougue sur la durée; alors que les parties basses sont plus directement séductrices et possèdent un "soyeux potentiel" de texture plus directement évident. Bien entendu tout cela doit être tempéré par les modes de vinfications dont usent les viticulteurs.

J'ai toujours apprécié ceux puissants du domaine Naddef et l'élégance des vins de Denis Mortet et Gérard Harmand. Je me souviens aussi avoir dégusté de vieilles "quilles" chez Henri Magnien - la mémoire de Gevrey-Chambertin - en compagnie de son fils.

Gevrey-Chambertin Champeaux - Denis Mortet: Couleur profonde et très naturelle avec ses reflets rubis qui introduit un nez discrètement torréfié. Celui-ci s'ouvre après aréation sur des accents de cerise aigre, de mûre et même une touche d'églantine très racée. J'ai aimé la texture soyeuse et la classe du boisé , un peu moins la maturité un poil élevée et la petite "siruposité" finale. Un vin de séduction. Bien.

Gevrey-Chambertin Champeaux - Philippe Nadeff: Très sombre avec des reflets bleutés, la robe impressionne. Une torréfaction un peu envahissante domine un nez qui peine à s'ouvrir à l'aération vers des notes de fruits noirs assez singulière. La densité de la matière ne fait aucun doute mais le cru doit fondre sa fougueuse "tannicité" au cours d'un élevage qui devra le patiner quelque peu en sublimant ses arômes fruités sous jacents. Un gros potentiel pour ce vin qu'il conviendra d'observer sur la durée pour savoir si l'élevage a pu canaliser toute cette fougue. Bien.

Les Cazetiers:

Le cru Cazetiers est situé sur la partie nord du finage, dans ce que l'on appelle localement la Côte Saint Jacques. Son sol brun foncé, argilo-marneux et mêlés de rendzines légères à certains endroits est orienté vers l' Est sur une pente assez forte. Cela procure au vin un caractère masculin affirmé. Les Cazetiers sont des vins corsés, charnus et un peu sauvages qui ont besoin d'une longue maturation sous verre pour donner toute leur mesure. Le climat est composé de deux parties distinctes:

Les Cazetiers proprement dits - 9,12 ha - qui partent du mur du Clos Saint Jacques et vont jusqu'au Combe aux Moines et les Petits Cazetiers - 96 ares -situés juste en dessous de la Combe aux Moines et qui semblent quasiment intégré dans ce cru dans une zone légèrement vallonée. Les "Grands" Cazetiers partent des maisons du vieux Gevrey pour venir mourir tout contre les sapins à une altitude relativement élevée, près de 340 mètres. Ce sont des vins d'une rare complexité, sauvages et aériens qui n'ont d'équivalent dans la commune que le Clos Saint Jacques. Aussi pleins que l'ensemble des grands crus de la Côte Chambertin ils se ditinguent nettement d'eux par un grain de texture plus affirmé et une certaine "dureté" en jeunesse. Mais au vieillissement ce sont des vins sanguins et sauvages absolument incomparables. Je les tiens pour l'un des cinq meilleurs climats premiers crus de deux Côtes "Oriennes"

Gevrey-Chambertin Cazetiers 2010 - Naddef:Le domaine Naddef exploite 32 ares de ce premier cru et en tire régulièrement un vin de niveau grand cru. Ce 2010 est un futur vin de grand style tant il impressionne par la noirceur de sa robe, l'intensité de son nez et la concentration de sa matière. Un cru ample et distingué qui est encore engoncé dans une guangue qui mêle tanins de bois et tanins constitutifs de sa matière mais qui séduit par sa race "tellurique" sidérante. Un vin magistral produit par un vigneron très respecté mais beaucoup trop discret... Hors classe dans les premiers crus.


Le Poissenot

Poissenot est l'un des premiers crus de Côte d'Or les plus élevés sur le coteau. Enclavé entre Les Varoilles et Estournelles il culmine à près de 355 mètres alors que la moyenne des autres crus et proche de 260 mètres. Son exposition plein sud compense partiellement cette situation en altitude mais n'empêche pas le cru de s'exprimer sur une rectitude qui confine parfois à l'austérité. Je me suis toujours demandé d'ailleurs si cet endroit marno-calcaire très caillouteux n'auraient pas dû constituer un naturel cru blanc. Il y a fort à parier que l'on en vinifierait d'excellents ici et je suis bien certain que dans le passé certains essais y ont été opérés. Si quelqun en a le souvenir, qu'il me contacte!

Sans que je puisse absolument en être certain car mes dégustations de ces 15 dernières années n'ont pas été assez analytiques et comparatives sur ce cru, il me semble de manière intuitive que l'on peut isoler deux secteurs Poissenot. Le premier dans la partie haute contre La Romanée, que je nommerai "la maison bleue" comprend une partie conduite en terrasse et est cultivée par la famille Humbert. Un endroit frais et sec qui bénéficie d'une des plus belles "vues" de la commune sur la fin de Combe et le début du village de Gevrey haut. Le second en dessous jouxte Estournelles au levant en formant une sorte d'enclave dans les Varoilles. Les familles Geantet, Clair et Lucot se partage ce lieu mais seule la première en tire régulièrement une cuvée isolée. Les deux secteurs diffèrent car si le premier est plus fin et élégant, le scond est marqué par une richesse constitutive plus affirmée.

Si son nom et sa petite surface le déservent quelque peu il ne faut pas négliger la qualité de ce vin qui ressemble un peu aux Chanlin et Clos des Ducs de Volnay et à la partie haute du Clos des Chênes.

Gevrey-Chambertin Poissenot - Geantet: Le domaine exploite 15 ouvrées dans la partie basse du climat. Couleur sombre à reflets violacés. Nez distingué sur un boisé subtil et de très beaux effluves de pivoine, de mûre et de coulis de framboise. La bouche est pure, parfaitement équilibrée et les tanins s'ils sont ajourd'hui un peu saillants ne tarderont pas à se patiner. Belle longueur finale. Très bien.

Gevrey-Chambertin Poissenot - Humbert: La robe rubis est très profonde, elle précède un nez grillé marqué par une torréfaction boisée un peu envahissante. Celle-ci disparaît toutefois à l'aération. La bouche est dense, complexe et d'une rare intensité. J'ai aimé la granularité fine d'une texture soyeuse et la tension fraîche apportée par une acidité revigorante. Arômes de réglisse et longue finale aux accents poivrés . Un sacré vin! Excellent.

Les premiers crus de la Côte Chambertin

Dégustations "Primeurs" de Gevrey-Chambertin - Les premiers crus 2010 de la Côte Chambertin: Au Closeau:

Petit premier cru mesurant 53 ares Closeau est fort bien situé au pied de la Cote des grands crus juste sous le Mazis-Bas. et comme nclavé dans la Perrière. Je ne sais si ces terres ont été remaniées et s'il a été utilisé comme chenevières ou comme carrière - il y en avait dans la Perrière voisine - mais il est certain que sa situation à la sortie du village lui a vallu diverses attributions au cours des siècles.

Son sol argileux et blonds qui mêle cailloux et quelques dépots limoneux doit sans doute donner des vins dans laquelle la finesse s'affirme. Mais je ne m'aventurerai pas à le caractériser car je le déguste très peu. Deux propriétaires se le partagent - le domaine des Perrières et Drouhin Laroze -et seule ce dernier qui possède les 8/10 du climat en produit un régulièrement.

Gevrey-Chambertin Au Closeau - Drouhin Laroze: Sur une couleur rubis, engageante, le vin exhale au nez des senteurs fumées très originales. Celles-ci évoluent à l'agitation vers des accents de fruits rouges frais se montrant assez insinuants. La bouche est svelte, un peu rugueuse sur le plan tannique en milieu de bouche et de sensation finale vive. Un vin svelte et un brin austère qui s'éloigne nettement du caractère "féminin" de la Perrière voisine. Je lui prédis un heureux avenir. Bien

Les Fontenys:

Voilà un cru au fond assez méconnu qui est situé sur le cône de déjection de la combe Lavaux. Marqué par une situation assez singulière qui le fait regarder au spetentrion selon une pente relativement accidentée, il mesure 3ha 73 ares.

Il comporte je pense deux parties distinctes, une partie basse qui jouxte les maisons du village est plus fraîche et argileuse. Elle livre des vins charnus et un peu austères qui révèlent souvent une nature un peu ombrageuse en jeunesse mais qui vieillissent bien. L'autre partie, pentue comporte le Clos du Fonteny - 18 ouvrées -exploité par Bruno Clair à Marsannay. Les deux hectares restant sont assez morcelés mais l'on y retrouve deux belles parcelles appartenant au domaine Joseph Roty et à Christian Sérafin. Je n'ai jamais trouvé de réelle unité de terroir dans ces vins qui ne font pas partie de mon panthéon personnel au niveau communal. Ce sont pour moi d'honnêtes "villages" qui n'ont pas souvent la carrure d'un vrai premier cru.Mais sans doute suis-je là un peu sévère...

Gevrey-Chambertin

Les Fontenys - Bernard Bouvier: De couleur profonde, le vin se présente très intense au nez en même temps que marquer par des effluves boisés marqués. La bouche est riche, assez puissante et construite sur des tanins abondants et une belle acidité. Moisn en place que "racine du temps" et sans doute pas aussi complexe que lui, ce vin a pourtant de la personnalité. Belle finale. Bien +

Clos Prieur:

Entre La Perrière et Cherbaudes le Clos Prieur est un cru qui est souvent considéré parmi les meilleurs de la Côte Chambertin. Une situation juste sous les Bas Mazis sur une zone relativement plane et limoneuse qui combine argile et cailloutis lui procure un caractère réglissé qui le rapproche nettement du grand cru voisin.

Il se partage en deux parties distinctes, l'une haute en appellation premier cru et la seconde "basse" en appellattion village. Cete dernière plus argileuse et moins draînante n'en possède pas moins un vrai potentiel. Certains domaines - comme Marc Roy - possède des parcelles dans les deux zones et les assemble pour les déclarer en "village". Une aubaine pour les particuliers qui le savent! Le "Haut" mesure 1, 97 ha seulement et la plus grande parcelle est exploitée par le domaine Rossignol-Trapet qui en cultive 26,51 ares.

Gevrey-Chambertin Clos Prieur - Gelin: Le domaine exploite 23 ares dans ce cru et en a tiré un très beau vin en 2010. Sa matière est très concentrée et son fruité frais et racé magnifié par de subtils tanins de bois. j'ai aimé sa présnce et le soyeux d'une texture raffinée. Et quelle longueur! Un futur très beau vin. Très bien +.

Gevrey-Chambertin Clos Prieur - Thierry Mortet: Le caractère de ce vin sombre et profond est tout à fait dans le style des vinifications précises de ce vigneron opiniatre et modeste. J'aime son naturel de texture et l'énergie qui anime la finale grâce à une juste acidité et une belle amertume de milieu de bouche et puis aussi son côté aérien et fringant qui le rend déjà d'une formidable "buvabilité". Très bien

Les Cherbaudes:

Il s'agit probablement du plus fin des premiers crus de Gevrey-Chambertin. Dans le prolongement septentrionnal des Gesmeaux qui ont le droit à l'appellation Chapelle-Chambertin, ce cru relativement plat et solaire repose sur un substrat argilo-calcaire mêlé de limons. Assez morcelé si 'lon excepte les parcelles Fourrier (17 ouvrées), Beaumont (12 ouvrées) et Boillot (8 ouvrées) il est de ce fait assez rare mais sa qualité est incontestable. Mesurant 2,19 ha il marque les crus du côté de la distinction et ressemblerait "presque" à un Chambolle égaré dans la Côte Chambertin. Je me souviens de "specimens" d'âges honorables d'une indicible délicatesse dégustés chez Pierre Boillot mais aussi au domaine Marchand à Morey. Je le compare également aux Cailles de Nuits Saint Georges et lui attribue en dépit de sa nature soyeuse et avenante une très belle capacité de garde. Incontestablement à positionner dans la première catégorie des "premiers crus" à mon sens.

Gevrey-Chambertin Les Cherbaudes - Emilie Geantet: Les vins estampillés "Geantet" portent tous en eux une facture très pure et des boisés de belle origine. Ce style précis et fin s'étend à la gamme "négociante" d'Emilie Geantet et dans le cas de ce 2010 il s'agit d'une signature réellement positive car la matière est un peu en retrait. Un vin sombre et net qui se boira aisément dans sa prime jeunesse mais qui manque un rien de concentration. Les tanins sont cependant fins et la finale de bon aloi. Assez bien +

La Perrière:

Mesurant 2,47 ha la Perrière est un climat pourtant assez disparate car il comporte en son sein les vestiges d'une carrière exploitée durant plusieurs siècles. Il en résulte une importante dépression que l'on peut facilement observer le long de la route des grands crus juste en face des Mazis Bas. Son sol a par ailleurs longtemps été parsemé de Chenevières dans sa partie haute au sud - d'après les recherches cadastrales de Charlotte Fromont - et il me semble que seules les parties médianes et basses peuvent être considérées comme un substrat naturel non remodelé. Qui qu'il convient d'être ici prudent car le passsé recèle d'informations que nous ne connaissons pas toujours.Voir.

Assez proches du Closeau voisin, ces terres sombres et caillouteuses ont une belle proportion d'argile et diffèrent sensiblement du haut du Clos Prieur qui touche le climat au sud. Ce n'est pas le vin que je préfère en général car si je lui trouve une vraie finesse de constitution, il manque parfois d'un peu de corps et de profondeur pour égaler les Clos Prieur et Petite Chapelle non loin. Un vin fin et bouqueté, assez proche de la nature variétale du pinot noir mais sans la race ultime des crus mitoyens. Il se déguste en général un peu plus rapidement que les autres.

Gevrey-Chambertin La Perrière - Emilie Geantet: Comme le cherbaude de ce négoce, le vin revêt une forme distinguée et sensuelle. Sa puissance modérée associée à des arômes de baies rouges en font un vin aimable et sans aspérité et l'élevage est parfaitement maîtrisé. Mais il lui manque une petite touche racée pour être vraiment au niveau d'un premier cru. Bien.

Gevrey-Chambertin La Perrière - Harmand-Geoffroy: Voilà un vin qui contre-dit de manière flagrante mes à prioris sur le climat! Pronfondément coloré, intense au nez avec ses accent réglissés et finement épicés et construit sur une matière ferme et compacte qui culmine en une finale impeccable de précision. Un sacré tour de force dans cette zone qui exhalte en général la fluidité et la douceur. Excellent.

Gevrey-Chambertin La Perrière - Marchand Grillot: Très classique, souple et gourmand, un vin rond et délicat qui est un peu marqué par un boisé "coconut" dominant à l'heure actuelle. Mais j'aime le grain de la texture et la subtilté des arômes de petits fruits rouges. Bien +

Les Corbeaux:

Corbeaux est un peu le vilain petit canard de Gevrey si l'on considère son nom bien peu attractif. Il rejoint en celà certains "Cras" des villages voisins qui eux aussi rappellent le noir et bien peu élégant volatile. Mais en Bourgogne il ne faut pas s'arrêter à la joliesse supposée du nom et il semble avéré que certains Charmes peuvent être un peu surfaits et non moins évident que cet oiseau là n'augure d'aucun mauvais présage.

Terre sombre, mêlée de cailloutis le climat orienté au levant est contigü des Mazis bas et juste séparé de lui par une "coupée". Ses premiers rangs ne sont pas loin de le valoir car ils partagent sont sol et son exposition en même temps que sa douce déclivité. En revanche seule la moitié des 3,20 hectares du climat possède ce caractère car plus l'on s'approche des maisons du village au nord plus la pente s'abaisse et le sol s'allourdit.

C'est un cru que je déguste assez souvent chez Denis Bachelet, Heresztyn, Pierre Boillot et Rossignol-Trapet et il me paraît tout à fait digne des plus belles expressions de cette côte fabuleuse. Un vin plein, sauvage et puissant qui vieillit avec une grâce remarquable dans une registre qui curieusement annonce un peu le caractère de la Côte Saint Jacques.

Gevrey-Chambertin Les Corbeaux - Heresztyn: La parcelle de 19 ares sise au coeur du cru a généré un vin mûr et gracieux qui joue le registre de la finesse plus que de la puissance. Comme souvent en ce domaine qui exhalte la douceur naturelle du pinot noir en même temps que la race du terroir. Sombrement rubis, évoquant le bâton de réglisse et la mûre au nez et parfaitement architecturé sur le plan tannique. Voilà un futur très beau vin. Très bien.

Gevrey-Chambertin Les Corbeaux - Philippe Rossignol: Celui là ne gommera pas la puissance naturelle du cru tant il se montre concentré, dense et quelque peu "carré" pour l'instant. Sombre, fortement impreigné par son boisé et d'une race formelle étonnante, c'est un Corbeaux taille pour la très longue garde qui se dessine. A élever encore un hiver sans doute. Bien++

 

Les Champonnets:

Voilà un cru assez méconnu qui cherche un peu sa véritable nature car il est coincé entre les deux Côtes de Gevrey-Chambertin et se situe sur le cône de déjection limonneux de la Combe Lavaux. Il constitue en compagnie d'Issarts, Craipillot Fonteny et du Clos du Chapitre une zone de transition, ventée, assez fraîche mais comportant des sols calcaires de très bonne qualité. Ce sont des crus un peu plus tardifs qui versent un peu vers le nord et qui doivent à mon sens être cueillis un rien plus tard que les autres pour s'exprimer pleinement mais qui peuvent en revanche avoir une capacité de garde étonnante.

Le cru est petit et ne mesure que 3,32 hectares, il est de plus très morcelé si l'on excepte la grande parcelle du domaine des Varoilles (70 ares). Beaucoup de producteurs assemblent leurs quelques ouvrées avec d'autres crus du finage pour revendiquer le vin assemblé en "premier cru" simple, c'est le cas du domaine Denis Mortet. J'aime souvent les vins des domaines Guillon, Louis Boillot et Herestyn car ils sont impeccablement vinifiés et marqués par une petite austérité initiale qui leur sied bien car ils vieillissent avec harmonie. Je déguste parfois aussi celui de Faiveley qui exploite une partie du bord ouest du climat.

Gevrey-Chambertin Les Champonnets - Heresztyn: Le vin est sombre, exhale des senteurs boisées délicates, puis exprime à l'aération un caractère mentholé et poivré très avenant. Un peu brute encore, la matière est pourtant parfaitement construite sur des tanins saillants sans excès. J'aime la longueur de la bouche sur la cerise à noyau et la fraise des bois. Un vin qui a de l'avenir. Bien++

 

Petite-Chapelle:

 La petite Chapelle était autrefois dénommée Chapelle "basse" ou encore "champitenois". Pendant inférieur de la Chapelle Haute qui donne aujourd'hui en compagnie des Gesmeaux le grand cru Chapelle-Chambertin, c'est un premier cru naturel qui ne souffre d'aucune discution. De ce fait il est souvent considéré comme l'un des cinq meilleurs de la commune.

 Le cru placé sous la Chapelle-Chambertin et les Gesmeaux encadre le très peu connu et revendiqué climat "en Ergot". Il mesure un peu plus de 4 hectares et montre une nature complexe qui mêle douceur de texture et finesse dans certaines cuvées et fougue et tension dans certaines autres. De ce fait l'aura de vin "plutôt" féminin et tendre qu'il véhicule n'est pas toujours avérée car il existe des exemples étonnants de ce cru aussi masculins et athlétiques que peu délicats. En revanche sa complexité n'est jamais prise en défaut et sa nature tellurique est d'une rare preignance.Sans doute les parcelles - peu nombreuses - surplombant En Ergot ont-elles même un rien plus de délicatesse...mais en la matière il faudrait organiser une vraie comparaison car mon observation est purement "sensitive".

 Je déguste depuis de nombreuses années ceux des domaines Rossignol-Trapet et Trapet mais également par intermittence les vins des domaines Dugat-Py, Humbert, Guillon, Marchand-Grillot et du domaine des Perrières. Il me semble que le vin a toujours un vrai besoin de temps pour affiner sa nature, qu'elle soit délicate ou musclée. Une Petite Chapelle se rapproche nettement du caractère Gesmeaux avec un rien de finesse en plus et sans doute un peu moins de feu intérieur, mais c'est toujours un fort beau vin!

Gevrey-Chambertin Petite Chapelle - Guillon: Voilà un vin d'une absolue plénitude et d'une race incomparable qui sans doute ce jour là  plaçèrent le vin dans les trois meilleurs que j'ai dégusté, grands crus compris! Sombre, dense et puissant il est bâti sur un corps imposant et absolument pas démonstratif tant l'élevage est intégré et magnifié par un boisé de haute qualité. J'ai vraiment apprécié l'adresse d'une vinification attentive, la maîtrise de la maturité des fruits et la parfaite "balance" de ce vin qui promet d'être hors norme. Très longue finale aérienne.La très grande classe. Hors Ligne. Chapeau bas!

 

Bel-Air:

Dans le prolongement des Ruchottes du Dessus et juste au dessus du Chambertin Clos de Beze, le climat de Bel-Air semble avoir été conquis récemment sur les sapins surplombant actuellement la côte. Il n'en est rien car on retrouve la trace de ce cru dans des parcellaires forts anciens et il semble avoir toujours été planté de vignes...avant même que les résineux ne couvrent le dessus du coteau. Cela dit comme le climat se décompose en parties "villages" au dessus et "premier cru " en bas" il est assez certain que l'homme a augmenté imperceptiblement son pré-carré au fil du temps. Parfois de manière quelque peu intempestive comme récemment...gageons que les instances gibriaçoises continueront d'exercer à bon escient leur vigilance par l'intermédiaire de l'ODG de l'appellation.

Ce cru élevé est le plus frais de la Côte Chambertin. Marqué sur ses 2,66 ha par des terres légères à assez profondes surtout au nord en bas, il est également caillouteux et marno-calcaire. Son exposition plein Est lui confère une bonne insolation et pour peu qu'il soit récolté mûr - et donc assez tardivement - il participe sans doute un peu de la qualité de ces voisisns célèbres.

Je l'ai souvent dégusté dans mes premières années de dégustateur chez Charles Quillardet puis chez Taupenot-Merme et Charlopin en lui trouvant toujours une réelle présence et un grain tactile affirmé. Ce n'est pas le plus délicat de la côte mais son fruité éclatant plaide incontestablement en sa faveur.

Gevrey-Chambertin Bel-Air - Taupenot-Merme: Une belle tension interne caractérise ce vin équilibré sur une acidité juste. Sa robe sombre introduit une nez de griotte et de myrtille délicat et intense. J'aime sa présence et la fine granularité des tanins qui signent un élevage attentif et soigné. Une future belle bouteille. Très bien+

 

Climat Grand Cru: Charmes-Chambertin

Le cru Charmes est probablement celui qui se retrouve le plus souvent en Bourgogne mais un seul possède le titre de grand cru, celui de Gevrey-Chambertin. Un peu comme son alter ego blanc de Meursault il se décline en plusieurs versions selon les secteurs où il est produit car c'est un "climat" étendu si l'on considère qu'il peut baptiser de son nom le Mazoyères-Chambertin voisin. Il ne mesure seul que 12ha 24a 56ca et est de ce fait plus petit que l'imposante entité du "plat" des Mazoyères. Celle-ci avec ces 18ha 58 a 68ca et le plus vaste des grands crus de la commune. De ce fait même le "vrai" Charmes-Chambertin est un vin assez rare en dépit du nombre considérable de bouteilles qui sont mises sur le marché. Un paradoxe étrange qui s'accompagne d'une grande variété des styles rencontrés car la déclivité des Charmes est un peu plus marquée que celle de son voisin et type nettement les vins et les producteurs qui le diffusent ont tous une manière de vinifier qui singularise leurs vins. Pour toutes ces raisons je suis toujours très surpris de lire des descriptions de Charmes-Chambertin stéréotypées qui la plupart du temps ne font qu'affirmer avec force la supposée finesse de ce terroir en se fondant sur son nom. Un peu court il me semble!

Son sol composé de rendzines a une apparence rougeâtre, il est assez mince, caillouteux, marneux en certaines zones et parsemé de tête de roches qui signalent un sous sol rocheux et fissuré favorisant un enracinement très profond. Ce substrat unique est sans doute en sa partie haute et médiane l'un des plus qualitatifs de la côte de Nuits. Le Charmes originel est directement placé sous le Chambertin et juste en dessous a une orientation légèrement Est Nord-Est qui le rend un rien plus tendu et frais que son voisin.

La majeure partie de sa partie haute appartient à la famille Camus qui cultive près de 3 hectares de vignes plantées dans le sens Nord-Sud. Certains domaines sont également présents dans ce secteur en sa partie nord et assemblent leurs vignes avec d'autres zones, Huguenot, Duroché, Dupont-Tisserandot par exemple. Le finage se termine au sud par la parcelle du domaine Taupenot-Merme et par les deux morceaux de la famille Perrot-Minot. Cette entité est sans doute celle qui livre les vins les plus sensuels et profonds du cru, ils ont un cousinage certain avec le Chambertin.

La partie médiane que je surnomme souvent "le plat des "Charmes" est elle aussi extrêmement qualitative car un rien plus solaire et d'exposition plein Est. C'est une zone très pierreuse, pauvre et la vigne y souffre un peu plus que sur le haut. Les vins des Dugat, de Denis Bachelet, du domaine Humbert ou de Geantet en sont issus. J'aime souvent leur profondeur et ce côté énergique, pur, idéalement mur et suprêmement précis qui les caractérise. Pour toutes ces raisons c'est un des secteurs que je préfère à Gevrey-Chambertin, supérieur à mon sens à la Griotte ou aux Ruchottes.

Enfin je signalerais une partie basse à ce cru qui est plus argileuse, marquée par des terres plus profondes et moins caillouteuses. Celle-ci donne des vins d'une rare élégance qui ressemblent un peu aux Mazoyères du même étage. Bien peu l'isole complètement mais le domaine Roty possède ici quelques vénérables pieds hors d'âge qui donnent un vin étonnant de raffinement et de sève. Citons également la maison Raphet qui me semble avoir un Charmes très élégant marqué autant par le secteur que par ses vinifications classiques.

Charmes-Chambertin - Geantet: La parelle exploitée mesure 45 ares et se situe dans la partie médiane Nord du cru encadrée par les vignes de Naigeon, Duroché, Gallois et Rebourseau. Des plants mis en place en 1968 procurent régulièrement à ce vin une nature riche et concentrée qui mêle dans l'absolu la densité du Chambertin juste au dessus de lui et la finesse naturelle de la Griotte non loin à son septentrion. Pour ces raisons je tiens ce vin pour l'un des meilleurs "potentiellement" du cru. Ce 2010 était encore un peu marqué par un boisé dominant mais sa couleur sombre et la densité de sa matière plaident incontestablement pour sa qualité. Les tanins formés et les arômes de fruits noirs achèvent de me convaincre que ce vin doit être attendu et qu'il libèrera tranquillement toutes ses qualités dans les dix années à venir. Sérieux et athlétique! Bien ++

Charmes-Chambertin - Bouvier: Dans la lignée des "racines du temps" Bernard Bouvier livre ici un vn de facture moderne ayant le raffinement des meilleurs "classiques". J'ai apprécié sa couleur profonde, ses reflets rubis et plus encore l'intensité d'une impression nasale peu fardée par le bois et magnifiant les notes réglissées si constitutives du cru. La bouche est puissante, suave et d'une idéale "balance" aromatique entre épices et fruité frais. Longue finale. Très bien +

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Charmes-Chambertin - Castagnier : Les 39,60 ares exploitées par Jérôme Castagnier et son père proviennent en fait des Mazoyères qui ont légalement droit à l'appellation Charmes. Situées dans le dessus de ce climat entre les vignes Peirazeau, Perrot-Minot et Coquard, non loin de la comune de Morey. C'est un endroit très qualitatif qui marque le cru d'une tension affirmée en l'impreignant d'une incontestable race sauvage. J'ai beaucoup aimé ce vin de Jérome Castagnier car il semble affiner son style en allant vers plus de tension et une juste fraîcheur. La couleur rubis très classique n'est pas la plus sombre des grands crus mais elle introduit un vin fringant, très parfumé sur la griotte amère et d'une sensation tactile idéale. Tanins à granularité fine, arômes "kirschés" et épicés, boisé en retrait et longue finale. Quel beau vin! Excellent.

Charmes-Chambertin - Charlopin: Produit dans les Mazoyères en leur partie basse sur 17,59 ares ce vin est régulièrement parmi les plus mûrs et soyeux du secteur. Un 2000 dégusté à table nous a même enchanté par sa nature délicate et sensuelle. Ce secteur de Bas de Mazoyères n'a pas souvent les faveurs des pseudos-connaisseurs mais je vous l'ai écrit plus haut, ils se trompent! Une fois de plus celui-ci se montre impeccable de pureté, sombrement robé et parfaitement architecturé sur de fins tanins et un boisé un rien trop saillant. Mais point d'inquiétude les vins du "Toutoune" étaient tous ce jour là dans une phase un peu austère et réductrice. Cela n'enlève en rien leurs futures qualités. Pour preuve la longue finale réglissée de ce cru bien né. Très bien +

Charmes-Chambertin - Humbert: Un peu moins de 20 ares dans la partie "sud médiane" des Charmes à un jet de pierre des Mazoyères juste sous la parcelle Taupenot-Merme. Le vin est d'une noirceur de robe impressionnante en même temps que finement torréfié par un boisé saillant. A l'aération il révèle de nobles senteurs de pivoine, de cassis frais et de poivre sechuan. La matière est tonique, marquée par une juste acidité et construite sur une trame tannique souple. L'élevage demande a affiner encore cette matière fougeuse il me semble...patience. Longue finale "montante". Excellent

Climat Grand Cru: Mazoyères Chambertin

On positionne souvent Mazoyères comme le moins parfait des grands crus de Gevrey-Chambertin en raison de sa partie la plus à l'Est qui sur une carte se montre fort proche de la nationale. Certains en ont conclu bien vite que ces parties ne méritaient en rien le titre de grand cru...rien n'est plus faux. En effet le sol s'élève depuis la partie nord des Charmes et la partie "basse" des Mazoyères surplombe nettement le "Champs Chenys" mitoyen qui lui n'est qu'un simple - et fort bon - village, elle se trouve même plus haute que le bas de la Griotte et au même niveau que les bas de Charmes. Combien en revanche ces deux climats sont différents, tant Mazoyères un rien plus frais en raison de l'influence des vents venant de la Combe Grisard se montre plus immédiatement bouqueté que Charmes, plus terrien, dense et sans doute dans le dessus "structuré". Mazoyères ne devrait jamais revendiquer sur ces 18 ha 58a 68 ca le nom de Charmes en dépit de sa funeste autorisation par l'INAO depuis son classement en 1936 et préserver sa vraie originalité de terroir.

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Celui-ci est caractérisé par un substrat de graviers calcaires. Ces sols peu profonds sont composés d'une terre brune/blonde argilo-calcaire, très arable et mêlée de graviers. Le sol est très fin en ces endroits, ressuie vite en sa partie haute et s'il est plus profond au levant, sa qualité est absolument incontestable. Les parties hautes donnent des vins élégants, ciselés et extrêmement fins qui évoquent stylistiquement les partie médianes des Echézeaux et du Clos de Vougeot. Les parties basses confèrent aux vins des arômes plus bouquetés, généreux et d'une séduction immédiate extraordinaire. Je suis un grand amateur de ce cru minoré qui doit être recherché lorsque l'on aime les crus de pinot mêlant finesse, gourmandise et distinction. De nombreux producteurs d'élite le vinifient et il possède de ce fait une très belle régularité.

Mazoyères-Chambertin - Laroze de Drouhin: Comme l'ensemble des cuvées de ce nouveau négoce il semble que ce vin ait été un peu bousculé par le sulfitage et sans doute par un soutirage récent car il se montre un peu terne sur le plan aromatique, de turbidité élevée et sans le fruité pur qui sied à une cuvée racée. Celui-ci est un peu animal et austère mais je sens que la matière finira par se livrer et je suis confiant. Laissons lui le temps de fondre sa matière serrée et ses tanins anguleux. La petite réduction disparue, il pourrait même être épatant! A revoir.

Mazoyères-Chambertin - Taupenot-Merme: Le domaine exploite un peu plus de 85 ares dans ce climat, juste en dessous de la route des grands crus, face au premier cru Combottes. Les plants très fins qui complantent la vigne donne à ma connaissance un des plus imposant et profond Mazoyères. Virginie et Romain Taupenot nous livrent ici un vin d'une classe folle , terriblement séducteur avec sa robe rubis et son nez intense de mûre, de cassis frais et de fraise des bois mêlés à des effluves de réglisse. La bouche est puissante et rectiligne tout en disposant d'une structure tannique douce qui étire la finale de manière magistrale. Un très grand Mazoyères, vraiment. Hors classe.


Climat Grand Cru: Latricières Chambertin

Latricières du latin « triciae » qui signifie terre infertile, maigre et pauvre est sans doute née sous le nom de « La Tricière », baptisée dès le 14°siècle par de laborieux vignerons peinant à planter leurs paisseaux dans ces terres très dures. Si l’ensemble du climat repose sur un maigre substrat il est juste de signaler que la partie haute est assez proche au niveau de son orientation et de sa constitution du grand Chambertin qui le borde au septentrion. Un coteau légèrement incliné vers l’Est qui est composé de calcaire oolithique. Dans la partie basse il n’est pas rare de voir affleurer de la roche dure et le sol est alors mince, caillouteux et très exigent pour les ceps de vignes qui y sont plantés. Une partie haute proche de sapins, moins parfaite sans doute car plus froide est plus proche du caractère des Combottes, elle est aujourd’hui exploitée par le domaine Arnoux à Vosne Romanée.

Ce cru a longtemps été confondu avec le Chambertin et en 1831 le Docteur Morelot ne le cite pas et passe directement du Clos de la Roche au « vrai » Chambertin. Preuve sans équivoque que ces parcelles étaient vendues comme tel jusqu’au milieu du 19°siècle. Le docteur Lavalle le place ensuite en seconde cuvée avec lez Mazis Bas, la petite Chapelle, les Mazoyères et les Charmes Bas. Curieusement une classe sous les Cazetiers, les Verroilles, les Saint Jacques et les Estournelles. Avec le temps les classements évolueront mais le cru ne prendra vraiment son « envol » qu’à partir des années 1930, moment où il acquiert son statut de grand cru.

Assez étendu (près de 8 ha) peu morcelé et fort qualitatif, son nom semble le desservir un peu car il n’a pas la grâce de Chapelle, Griotte ou Charmes… il suffit parfois de peu pour minorer une terre ou la faire passer dans la légende.

C’est un vin qui possède un caractère très racé qui se rapproche nettement du Clos de la Roche avec ses notes d’épices, de réglisse et surtout -en année de belle maturité- des accents de clou de girofle très étonnant. Marqué par la fraîcheur des vents de la Combe Grisard, le cru est un rien plus tardif que ses pairs de Gevrey, ce qui lui procure sans doute une finesse unique de constitution. Les domaines Faiveley, Trapet, Camus, Arnoux-Lachaux et Drouhin Laroze possèdent les parcelles les plus conséquentes avec le domaine Rossignol-Trapet.


Latricières-Chambertin - Duroché: Pierre Duroché aime les vinifications précises qui exhalte la nature du terroir sans que l'élevage ne le farde. Ce vin qui vient sans doute d'être bousculé par un soutirage et un sulfitage possède à l'évidence une très grande classe. La robe violacée est profonde, le nez un rien sulfitique s'ouvre à l'agitation vers des notes de girofle, de pivoine et d'orange sanguine et la bouche dense et parfaitement harmonisée autour de fins tanins a de la persistance...Pas encore à l'optimum de son expression aromatique mais déjà séduisant. Du beau boulot ma fois! Très bien ++


 

Climat Grand Cru: Mazis Chambertin

Le climat de Mazis mesure 9ha 10a 34ca et est coupé en deux parties dont on a longtemps évoqué la différence qualitative. Le dessus étant considéré comme plus qualitatif en raison de sa position plus haute sur le coteau et de sa pente plus forte. Cependant ces deux sous-climats sont coupés par une diagonale qui place certains Mazis Bas au dessus de certains Mazis hauts...on le voit "l'affaire" est plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, d'autant que l'endroit s'érode vite et que de nombreuses terres du dessus ont raviné vers le bas. Il en résulte toutefois une partie supérieure un rien plus inclinée et solaire avec une couche végétale plus maigre. Nous sommes sur une terre du jurassique de l'étage bajocien et le sous sol est composé de calcaire à entroque. Un substrat assez proche de celui du Clos de Beze voisin mais en plus recouvert sur le plan superficiel d'une terre brune, assez foncée. Le cru est encore un peu sous l'influence éolienne de la Combe Lavaux toute proche et sa situation plein Est est remarquablement uniforme.

C'est un vin merveilleux qui se place dans le peloton de tête des vins du nuiton et qui cousine fortement avec Bonnes Mares. Il est sans doute le seul à pouvoir rivaliser avec l'intensité "athlétique" du cru en sa partie cambuléenne car sa texture toujours très profonde et sa générosité légendaire en font un vin de haute tenue qui s'épanouit véritablement sur le long terme.

 Mazis-Chambertin - Harmand-Geoffroy: Gérard Harmand exploite les parcelles venant de son beau père et également un beau carré provenant de Gérard Vachet. Plus de un hectare dans des parcelles mêlant le haut et le bas du climat, il en tire un vin toujours très élégant et raffiné qui s'exprime depuis quelques années avec autant d'intensité que de douceur de texture.  Son vin est toujours d'une étonnante profondeur de constitution et d'une évidente séduction aromatique. En 2010 le vin ne fait pas exception à la règle et tout en se montrant profond de robe il exhale de fines notes de torréfactions boisées en même temps que des senteurs de mûre et de grain de cassis . La richesse tannique de bouche est imposante et le soyeux de texture vraiment impressionnant. Longue finale. Un très beau Mazis pour demain. Excellent.

Mazis-Chambertin - Charlopin: Comme tous les vins de "Toutoune" ce vin n'était pas dans sa meilleure phase. Sombre et marqué par une réduction "toastée" saillante, il était difficile de se faire une véritable idée de son potentiel olfactif. Cependant la matière très serrée, des tanins au grain fin et une longue finale laisse poindre un futur très grand vin. Il sera prêt dans quelques années et je suis persuadé qu'il nous enchantera. Longue finale. Très bien - Excellent.

Mazis-Chambertin - Tortochot: Une belle parcelle de 41,83 ares dans les Mazis bas. Le vin se montre assez sombre sur des reflets violacés. Le nez fruité est net et de bonne intensité. Bouche droite, assez sérieuse et construite sur des tanins fermes. L'ensemble est austère, marqué par un fruité mat et une matière quelque peu rugueuse mais elle ne manque pas de fond. Bien.

Mazis-Chambertin - Guillon: Dans l'esprit des vinifications de la Petite Chapelle du même domaine ce vin s'est montré vraiment impeccable de profondeur, de maturité et de densité aromatique. Une matière très soyeuse tapisse le palais avec grâce et libère des arômes réglissés et fruités d'une rare noblesse. Un vin suave et distingué qui, encore une fois, montre la très grande maîtrise de ce domaine. Un must! Hors classe

 


Climat Grand Cru: Chapelle-Chambertin

Le Grand cru Chapelle-Chambertin mesure aujourd'hui 5 ha 48a 53 ca et se trouve sur une zone en légère déclivité qui regarde le levant. C' est un des secteurs le plus solaires et précoce du finage de Gevrey et il parvient très souvent à idéale maturité quelques jours avant le Chambertin. Son sol est constitué d'éboulis calcaires blancs qui grâce à leur perméabilité assurent un drainage optimal. Ce substratum marno-calcaire laisse poindre en certains endroits du haut du finage des têtes de roches qui affleurent. Les parties basses sont en revanche plus argileuses et collantes et marquent un peu les vins du côté d'une certaine sévérité qui n'est pas toujours associée à ce cru tellurique et infiniment racé.

Sur le plan historique la Chapelle dont il est question se nommait Chapelle du Clos de Beze car elle lui faisait face e

Publié dans Côte de Nuits

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