Nuits Saint Georges Vallerots 2007 Chantal Lescure

Publié le par Le Blog de Patrick Essa

Nuits Saint Georges Les Vallerots 2007 - Domaine Chantal Lescure à Nuits Saint Georges

  Certains noms bourguignons sont moins connus que d'autres et le petit premier cru de Vallerots à Nuits Saint Georges est l'un de ceux là. Situé en partie sommitale du côteau sud de l'appellation, dans le prolongement de la combe sèche de Vallerots, il coiffe le célèbre Vaucrains en regardant en pente assez forte le levant. C'est un cru qui a été largement gagné sur les barres rocheuses et les têtes de roche et qui s'articule aujourd'hui selon plusieurs secteurs classés en village et en premiers crus. La meilleure zone surplombe le petits crus de Chaboeufs et mesure un peu moins d'un hectares (87 ares exactement), elle est située au nord d'un climat qui est par ailleurs largement organisé en terrasses de création récente.

  Les familles Machard de Gramont sont ici largement propriétaires et si les terrasses appartiennent à Bertrand Machard de Gramont qui en tire un vin svelte, aérien et tendu issus de récentes plantations, elles n'ont peut-être pas encore toute  la richesse de constitution conférée par les vignes plus âgées - 40 ans environ - des sols de ce cru classés en premiers crus et possédés par les frères Thibault et Aymeric Machard de Gramont du domaine Chantal Lescure.

  Selon les zones le substrat de terres argilo-calcaires sombres et marqué par l'oolithe ferrugineuse se fait plus maigre et pierreux et la vigne placée dans cette zone solaire et assez haute a tendance à souffrir en donnant un vin séveux, énergique et toujours équilibré par une juste acidité. Certainement apte à produire sur les terrasses un  blanc d'excellent niveau qui reste à "inventer", le bord nord est lui plus directement dévolu au pinot noir et ressemble régulièrement aux crus hauts sur le coteau de Vosne-Romanée ou de Morey Saint Denis comme La Combe Brûlée ou la partie village des Damodes.

  François Chaveriat, maître de chai du domaine Lescure, exploite ici près de 75 ares et en tire chaque année un vin séduisant et fin qui s'exprime sur un équilibre dynamique et un fruité frais aussi caractéristique qu'enjôleur. Son 2007 possède une couleur sombre, de turbidité assez haute qui indique qu'il n'a pas été filtré. D'impression visuelle jeune, il introduit un nez puissant et torréfié qui développe de fortes senteurs de moka, de noisette grillée et d'amadou avant d'exhaler de subtils effluves de fruits noirs et de poivre blanc. La bouche est vive et construite sur une matière tannique judicieuse et souple et porte des arômes de griotte amer, de kirsch et de fraise des bois mêlés sur une ligne sous jacente fumée, très racée. Jolie finale aérienne pour ce vin fringant qui doit encore être encaver quelques années pour se livrer pleinement. Bien +

style intermédaire

 34A Rue Thurot 21700 Nuits Saint Georges Téléphone : 03.80.61.16.79 Fax : 03.80.61.36.64  E-mail : contact@domaine-lescure.com



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Un Montagny sinon rien!

Publié le par Le Blog de Patrick Essa

Un Montagny sinon rien!

Les temps sont frais et humides et l'idée saugrenue pour un murisaltien de se réchauffer avec quelques gorgées de Montagny a germé spontanément en mon esprit. Voici donc les multiples raisons de ce geste qui n'a rien d'un crime de lèse majesté tant le Montagny sait parfois s'imposer comme une évidence!

  Situé à l'extrémité sud de la Côte Chalonnaise, le finage de Montagny est entièrement dévolu à la culture du Chardonnay. Très longtemps considéré par le négoce de la place comme le grenier à vin de ses approvisionnements il a mis beaucoup de temps à affirmer sa nature très originale qui parfois le rapproche du beaucoup plus nordiste Chablis. Il doit sans doute  cette impression générale à de fréquentes vinifications en grands contenants et à des élevages assez courts - entre è et 12 mois -réalisés la plupart du temps en cuve mais également à la présence en sa partie sud de sols de l'étage Kimméridgien.

  Le finage de l'appellation s'étend sur quatre communes : Montagny, Jully, Buxy et Saint Vallerin . Dans la partie nord et centrale son sol brun, argilo-calcaire mêlé de bans de marnes blanches du Lias et du Trias est également marqué dans ses parties supérieures par des calcaires durs à entroques du Bajocien. Il en résulte des expressions climatiques diverses qui typent fortement le caractèe des crus selon leur emplacement. Cette multplicité des sols a pourtant longtemps été négligée car il suffisait à ces vins de titrer 11°5 pour être reconnus comme "premiers crus". Il s'agissait alors du seul endroit de Bourgogne qui déterminait la classe de son vin par son potentiel en sucre. Cette "curiosité" a duré jusque dans le courant des années 80, date à laquelle les sols ont été cadastrés selon leur qualités morpho-géologiques et organoleptiques.Dans cette partie j'aime beaucoup les crus du "Vieux Château", des "Bonnevaux" ou du très racé "Burnin".

 Le coteau sud qui est sur Saint Vallerin et Montagny me paraît être celui qui a le plus fort potentiel car son exposition plein est, ses pentes fortes et sons sol d'huitres coquillées du kimméridgien est fort proche des meilleurs secteurs des grands crus du chablisien. Il faut avoir goûter aux "Cloux" ou à "la Moullière" pour s'en convaincre pleinement.

 Voici ci dessous le plan qui délimite finement les diverses lieux-dits de l'appellation:

 

Montagny Premier Cru Les Coères 2008 - Domaine Stéphane Aladame à Montagny  

  Le vignoble des Coères réalise une transition entre la partie centrale du vignoble et son influence sud. Pas encore marqué par le kimméridgien et positionné au niveau médian et bas du coteau il est fortement impreigné par sa nature argileuse et procure de fortes sensations fruitées et généreuses aux vins qui en sont issus. Fin et élégant, il s'ouvre assez vite et lorsqu'il est élevé sur 12 mois trouve une densité qui le rapproche un peu des meilleurs crus de Rully et de la partie médiane de Chassagne dans le secteur de Morgeot. Je suis toujours surpris du peu d'engouement pour ces crus complexes et sveltes qui se vendent à prix modiques et qui chez certains producteurs sont élevés avec une grande maîtrise. Avouons le je rêve aussi de trouver encore plus d'ambition dans la culuture d'un vignoble qui n'est pas encore assez travaillé et dont les rendements peuvent être très importants.

  Ce n'est pas le cas chez Stéphane Aladame qui élève sa cuvée de "Coères" pour deux tiers en cuves et qui soigne le tiers restant en fûts de 228 litres assez récents. Son 2008 est parfaitement enthousiasmant tant il se montre généreux, précis et concentré. Une robe très claire à reflets verts qui semble avoir été judicieusement filtrée, introduit un nez discret évoquant subtilement la pêche blanche, la fleur de vigne, la verveine et le gingembre, cela avec une présence digne des meilleurs crus plus au nord. La bouche est droite, ciselée et un rien saline. Elle est construite sur une viscosité juste et une fraîcheur évidente conférée par une acidité constitutive présente mais aucunement trop saillante. Jolie finale sur les agrumes pour une bouteille qui constituerait un beau vin pour toute cave d'amateur exigeant. Très bien +

style intermédiaire

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