Caractère général et cru de niveau village du finage de Chambolle-Musigny

Publié le par Patrick Essa

Caractère général et cru de niveau village du finage de Chambolle-Musigny
Caractère général et cru de niveau village du finage de Chambolle-Musigny

Le Grognot veille de ses hauteurs sur le finage de Chambolle. Montagne « Orienne » peu impressionnante, elle surplombe l’un des terroirs bourguignons les plus précieux en l’abritant des vents d’ouest et en autorisant les rayons d’Est à rôtir ses côtes. Son sommet ne vaut rien quand ses pentes sont d’or, le mont isolé formant une double combe sur ses flancs a le privilège en quelque sorte d’enchâsser le diamant Musigny.

  Le village situé en dessous est beau, petit, discret et ombragé. Passez à Chambolle un jour de canicule, vous y trouverez fraîcheur et climat paisible, comme si les combes éboulées avaient permis à ses pierres de trouver une juste place, comme si les ruelles étroites étaient propices à la mesure, au recueillement et à la rêverie…le vin transpire de cet air du temps, de ce climat prégnant qui vous étreint à la première visite, de cette douceur évanescente qui s’insinue dans ces venelles tordues et intriquées. J’aime sa terre chaude et blonde qui semble couler dans les verres au moment du partage, qui offre un plaisir franc et charnel, une palette riche et lumineuse, mais surtout la séduction. Chambolle est la diva de la côte, son Grognot est vilain mais la danseuse a la grâce des belles Amoureuses.

Caractères historiques :

  Jusqu’au début du 15° siècle Chambolle ne fut considéré que comme un hameau dépendant de la paroisse de Gilly. Seules quelques familles liées à la terre vivaient dans des maisons austères. Elles « devaient » auparavant le culte à l’église du bourg principal et ce sont les moines de Cîteaux qui autorisèrent la construction d’une église à l’emplacement d’une très ancienne chapelle. Le village fut dominé par diverses seigneuries, les De Vienne puis les Saulx –Tavannes, les Beaumont et enfin par les Croonenbourg, seigneurs de Vougeot qui ont longtemps possédé la Romanée…qui n’était encore point Conti.

  A la révolution, la famille de Clery ayant succédé au Croonembourg fut dessaisie de ses droits ancestraux, les hommes de bonne volonté remanièrent les terres, les redécoupèrent et les renommèrent parfois. Il s’en suivi une large redistribution foncière qui fit le jeu des bourgeois et des paysans fortunés. Ainsi en 1855 le Musigny compte t' il parmi ses propriétaires les de Montille, Marey, de Reulle, Leroy, Coste, Groffier...alors qu'en 1890 le vignoble ne compte plus que la famille Malbranche dans ses anciens propriétaires et l’on voit apparaître les Bichot, Ponnelle, Thomas Bassot - tous futurs grands acteurs du Bourgogne du début du 20°siècle - mais aussi les de Vogüé et Mugnier, qui seuls subsistent aujourd’hui. En moins de 35 ans l’intégralité des Musigny change de main! 

  On imagine assez mal aujourd’hui que cette période est celle qui positionne les crus modernes à leur place actuelle et que les premières classifications – par exemple - voient le jour à cette époque. Celle du docteur Lavalle en 1855, puis plus tard le classement du comité d’agriculture Beaunois. Celles-ci sont réalisées sans véritables buts commerciaux et entérinent les classifications locales ancestrales, jugées « loyales et constantes ». A Chambolle il est remarquable de constater que seul Le Musigny est placé en tête de cuvée; et, comme il est de coutume alors on distingue nettement les Musigny au nord, des petits Musigny plus au sud et incliné un peu sud-est, en les mettant tout deux à égalité sur le plan de la qualité  cependant. En revanche le clos Musigny Leroi (notez l’orthographe) est cadastré dans la combe d’Orveaux et placé lui en première et deuxième cuvée…il est aujourd’hui la propriété du domaine Prieur à Meursault, qui en tire du Musigny par un décret officiel datant des années Mille neuf cent trente! Selon que tu seras faible ou puissant…on pourrait vite conclure, mais le vin est le meilleur blanc-seing du domaine sis en côte de Beaune, car il est régulièrement parfait. Le meilleur Combe d’Orveaux grand cru de Bourgogne sans nul doute !

   J’aimerais souligner la très grande précision des classements de l’époque – et surtout celui de Lavalle, infiniment juste et précieux - qui boutent certaines parties de Bonnes Mares en seconde classe (les carrières aux sols remaniés), qui positionnent le très méconnu « Véroilles » ou « Varoilles » à l’égale des Amoureuses tout en excluant les carrières du dessus des Amoureuses de la « première », et en redonnant des titres de noblesse aux Fuées et Cras si injustement minorés aujourd’hui en raison de leurs noms moins porteurs. On ne classait pas les carrières aux sols remaniés comme les crus avoisinants, on ne classait pas les murgers de pierres retirées et partout les limites des premières cuvées ne pouvaient être étendues à l’envi. Que de sérieux et d’application à défendre ce patrimoine aux appellations encore inexistantes! Quelles leçons devrions nous tirer de cette droiture à l’heure où l’on ne cesse de vouloir étendre et re-classer!

   Le vin est alors très rarement mis en bouteille par les vignerons qui le travaillent et à ce titre le paysage viticole du 19° siècle ne ressemble en rien à celui que nous connaissons aujourd’hui. Le « va au vigne » n’est pas le « caviste » qui n’a que peu de relations avec le propriétaire foncier. La distribution des crus se fait par étape et reproduit en cela les modèles sociaux de l’époque qui cloisonnent le travail de la terre des vignerons, le travail manuel des classes ouvrières des caves et le commerce de la bourgeoisie de la place, qui contrôle les ventes et les marchés. Il n’existe pas ou très peu de « petits propriétaires » sérieux à Chambolle avant les années trente. Ceux là naîtront des méventes et des affres de l’après crise phylloxérique qui asphyxia les grosses entités et autorisa les « contremaîtres » à se créer un foncier durement gagné à la sueur de la pioche! Ainsi les familles Amiot, Servelle, Boursot, Moretti, Zibetti, Serveau, Sigaut, Roblot, Volpato, Roumier, Hudelot, purent elles au fil du 20 ° siècle se constituer des patrimoines divers, mais propres, des entités bâties à force de courage et d’abnégation qui finirent par les diriger vers la vente de leurs précieuses bouteilles.

   On comprend ainsi l’extrême morcellement de cette étroite bande de terre que constitue le finage communal qui s’est partagé entre les acteurs de sa culture au gré des décennies. On perçoit la nécessaire création de cuvées « premier cru » sans nom car le regroupement de trois « bouts de vignes » en premiers crus autorisait la mention de « première » et par là même la disparition de très nobles cuvées dans ces amalgames. Le courtier joua longtemps le rôle de l’assembleur dans ces contrées,point de climat alors qu'il est assez clair que les noms de crus « porteurs » ont aujourd’hui une très nette influence sur les cuvées les mieux cotées. Mais nous reviendront en détail sur ce point dans le chapitre sur les crus.

Les Chambolle-Musigny de niveau "Village":

  Un vin de niveau village de Chambolle est le plus souvent équivalent à la plupart des premiers crus des communes voisines si l'on s'en tient à la complexité de son bouquet et à ce caractère si affirmé qui conjugue tout le spectre aromatique que les petits fruits rouges peuvent composer. Ce fruité éclatant de fraise des bois et de mûre sauvage sur des accents d'églantine est une signature unique qui ne trouve son alter-ego en Bourgogne que sur les premiers crus de mi-pente de Volnay. Deux appellations qui portent l'étendard de la finesse très haut dans le Coeur des bourguignons.

   Si l'on s'en tient aux différents noms de lieux-dits, on peut constater que comme dans les autres communes ils colonisent le pourtour des crus et grands crus dans les situations les plus diverses.

  Un premier bloc est assez curieusement positionné à la suite des Musigny, La Taupe termine le Musigny de Prieur en partie haute mais n'est je crois jamais revendiquée et La Combe d'Orveaux de niveau village est elle en arrière des Echezeaux de Vosne dans une situation de Bas de Combe fraîche et sous l'influence éolienne de cet étroit couloir. Frédéric Mugnier produit ici une partie de son excellent et délicat vin de niveau "village" qu'il assemble la plupart du temps avec des vignes du premier cru Les Plantes. Anne Gros produit quant à elle un vin gourmand et frais qui prend le nom du lieu-dit.

  Le second secteur se trouve dans une sorte de contre-haut au Sud du village. Sa pente qui va de douce à forte est orientée Nord-Est et repose sur un sol argilo-calcaire dont les hauts sont plus pentus, caillouteux et calcaires. Il part des Argillières pour confiner aux Porlottes et Jutruots en passant par Les Creux Baissants, Fouchères, Derrières le Four, Guéripes et Echezeaux et Les Pas de Chats moins inclinés. Ces climats sont peu souvent revendiqués mais Les Argillieres du négociant Pierre Ponnelle ont eu leurs heures de gloire, quant aux Derrière le Four de Hervé Sigaut et Gérard Seguin et aux Echezeaux d'Armelle et Bernard Rion ce sont tous des vins de fort belle tenue.

  Depuis les sources de la Vouge jusqu'aux limites du finage de Morey Saint Denis et juste en dessous des premiers crus se trouvent la majeure partie des climats de niveau village de Chambolle. Ses terres placées entre 210 mètres et 190 mètres d'altitude sont toutes capables de générer de beaux vins de Chambolle dans des cuvées mixtes très recherchées pour leur grain tannique fin. Composées d'argiles et finement caillouteuses ses secteurs sont à l'origine de certains des meilleurs "villages" de la Côte. On trouvera sur cet étroit ruban faiblement pentu de très bons Clos de l'Orme chez Munier à Vougeot (attention de ne pas confondre avec Mugnier) et de très parfumés Athets chez Jean Tardy. Toutefois les trois meilleurs lieux-dits me paraissent êtres les Fremières, Les Bussières et Les Drazey qui sont juste en dessous des Sentiers et Baudes. Digioia-Royer et la maison Leroy produisent des Fremières de niveau premier cru et Les Bussières de Hervé Sigaut et Hubert Lignier ne sont pas loin de les valoir. Quant au Drazey la cuvée la plus représentative est je crois celle de la maison Jadot.

  Un dernier secteur de "villages" surplombe le grand cru Bonnes Mares et Les Fuées. Il s'agit des partie élevées des Veroilles et des Cras. Naguère cultivés en petites terrasses, ils ont été quelque peu remis en forme par le jeu des murs et de la mécanisation et se distingue parfois en des cuvées aériennes et subtiles, qualités conférées par leurs sols pentus, pauvres et caillouteux. Les meilleurs exemples me paraissent être Les Veroilles de Bart et Bruno Clair et Les Cras de Patrice Rion.

Patrick Essa - 2016

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Entre Musigny et Bonnes Mares, puissance et finesse...

Publié le par Patrick Essa

Entre Musigny et Bonnes Mares, puissance et finesse...
Entre Musigny et Bonnes Mares, puissance et finesse...

Le Musigny

S'il fallait désigner cinq crus du Nuiton au niveau de l'excellence, Musigny serait sans nul doute parmi ceux là. Climat assez élevé qui surplombe le Clos de Vougeot et les Amoureuses, il forme une bande rectangulaire regardant le levant et versant légèrement vers le Sud. Sa pente s'accentuant fortement selon que l'on s'élève sur son coteau. Créé par le paysan "romain" Musinus selon une improbable légende transmise oralement, il coiffe le village et le cru de Clos-Vougeot tout en appartenant à son voisin du nord-ouest, Chambolle. Curieuse incursion d'ailleurs que ces possessions cambuléennes en ce lieu si directement intriqué aux terres sises près des sources de la Vouge situées sur Vougeot, commune toute proche en contre-bas. Ces 10,70 ha sont assez éloignés des canons qui assurent la juste et méritée réputation de vin le plus délicat de Bourgogne à Chambolle. Rien n'est en fait moins puissant et concentré qu'un Musigny abouti de grande année et la finesse n'est certes pas son seul caractère. Non! Musigny est d'abord un vin incroyablement parfumé qui, en ce sens, surpasse tous les autres climats de la Côte en renvoyant dans les cordes les tenants du pinot qui "pinote" et donc son seul aspect variétal. Ce cru singulier préserve puissance et finesse de texture tout en embaumant l'aubépine, la griotte et le réglisse à des niveaux d'intensité parfois subjuguant. Rien ne lui ressemble, et il est à l'évidence celui qui possède le nez le plus incroyablement complexe que je connaisse. Proche d'un parfum, il est un peu comme le fameux Patou qui naît des roses sur les hauteurs de Grasse, un cru altier et racé qui année après années possède une régularité remarquable. Cinq entités le composent il me semble:

1: le Grand-Musigny qui est le plus haut et le plus grand - en taille, 6 ha - de tous et qui part des Amoureuses du dessus et des Borniques pour aller vers le Petit- Musigny. C'est celui qui est le plus important et qui comporte le plus de propriétaires. Puissant, sérieux et destiné à la longue garde, son substrat brun foncé à blond est assez calcaire et procure au vin une extraordinaire capacité de garde. On le décrit souvent comme le plus fin des grands crus car les dégustateurs l'associent au finage de Chambolle. C'est je crois une erreur car il est plus proche de la sève des Clos Vougeot du dessus sur une énergie plus froide et un fruité noir, un rien plus mat. Si Amoureuses est le parangon de Chambolle, Musigny en est sa face sombre et c'est ce qui fait indiscutablement de ce vin le plus grand de Bourgogne. Aucun cru ne parvient à son intensité qui combine l'énergie du Chambertin à la complexité de la Romanée Saint Vivant. Par ailleurs ceux qui ont eu la chance de le boire à plus de 50 ans savent qu'il n'a pas de vrai concurent capable de se bonifier aussi longuement.

2: le Petit-Musigny est un monopole de 4 ha du domaine De Vogüe et personne en dehors de lui ne le vinifie et donc le déguste séparément. Il est un peu plus précoce et sa pente Nord-Sud se fait plus douce en même temps que ses terres un rien plus profondes. Il a toujours été considéré comme aussi qualitatif que le Grand. Comme en Epenots à Pommard, seule la taille de sa surface le désigne comme "petit".

3: la Combe d'Orveaux, 80 ares classées en Musigny depuis plus de deux siècles au moins - sauf 22 ares reclassées dans les années 80. Il ne faut pas le confondre avec le premier cru "Combe d'Orveaux" qui le jouxte en haut et au Nord . Il s'agit de l'ancien "Clos Musigni Leroi" (sic in Lavalle) qui apparaît au milieu du 19 ième siècle et qui est aujourd'hui la propriété unique du domaine Jacques Prieur à Meursault. Il est parfaitement digne de son rang - en dépit de certaines critiques peu fondées à son endroit - car il préserve une intensité de matière parfois insurpassable sur des notes florales très caractéristiques.

4: L'ancienne parcelle de Musigny du domaine Christian Confuron qui est situé en contre-bas des Musignys derrière le mur qui surplombe le Clos de la Perrière et les petits Vougeots + la minuscule parcelle de Musigny plantée par l'ancien régisseur des Hospices de Beaune, André Porcheret qui est au dessus et au nord de ce dernier sur... 1.5 ares! Des terres classées et non plantées pendant très longtemps et qui sont je pense de valeurs agrologiques moindres. Ces deux étonnantes parcelles ont été acquises récemment par un propriétaire canadien - Monsieur Tawse - et sont vinifiées par le très talentueux Thomas Dinel sous la direction de Pascal Marchand pour la maison Marchand-Tawse. Ces 10 ares de Musigny ont vu récemment leur écrin qui touche le Clos de la Perrieres à Vougeot se doter d'un mur magnifique en pierre de taille pour retenir les terres. Rien ne semble trop beau pour le Musigny! Mais suivez le de près car Thomas est un grand Winemaker de demain et entre ses mains tout est possible.

5: le Musigny Blanc qui pour 30 ares se trouve au milieu et en haut du Grand Musigny. Replanté il y a une dizaine d'années dans une zone pierreuse - il était plus bas sur le coteau avant - il est pour l'instant vendu en Bourgogne blanc. C'est un blanc très original, puissant séveux et de longue garde. Une curiosité très rare car non produite depuis près de 20 ans. Il semble que le millésime 2015 pourrait le voir renaître...

Les Bonnes-Mares

Les Bonnes-Mares font sans aucun doute partie des vins les plus riches et concentrés de Bourgogne. Dans la lignée des Renardes, Richebourg, Rugiens et Chambertin, le finage exprime sa nature puissante sur un corps athlétique et extrêmement dense. Sans doute est-il même l'archétype du vin parfumé, plein et séveux de la Côte de Nuits tant il exhalte la perfection des arômes conférés par un substrat argilo-calcaires mêlé de marnes blanches, complexe et unique.

Il mesure 15 ha 5 a 72 ca sur lesquelles deux zones morpho-géologiques sont entremêlées. Des terres rouges dans la partie basse du cru et certaines zones médianes hautes et des sols plus blancs dans les parties élevées plus marquées par les marnes. Situé en grande majorité sur Chambolle, entièrement orienté vers le levant, le grand cru fait également partie du finage de Morey pour 1 ha 51 a 55 ca. Les meilleurs domaines du cru produisent des vins qui assemblent les deux origines - comme Roumier et De Vogüe - mais certains petits producteurs vinfiant de 1 ha à 30 ares, produisent de petites merveilles d'équilibre et de raffinement: Arlaud, Bart,Groffier, Mugnier, Bertheau entres autres. Même si je pense fermement que le fait de citer ses noms ne peut faire oublier que le vigneron n'est en Bourgogne - comme ailleurs - que de passage et que seule l'origine mérite dans mes textes d'être réellement mise en valeur.

Ce cru a longtemps été plus gibriaçois que Cambuléen dans son expression à une époque où le nom de Morey ne figurait dans aucun texte évoquant les crus d'élite du nuiton et où Chambolle était synonyme de vin vermeil construit sur la finesse par la grâce de son sous sol et de cuvaisons plus infusées qu'extraites. Ce vin puissant et masculin n'évoque pas - comme le Musigny au fond - la classe du finage de Chambolle dont le meilleur exemple est sans aucun doute Les Amoureuses, qui auraient pu largement être élevées au plus haut rang de l'appellation. Est-ce étonnant d'ailleurs si les deux grands crus de la commune occupent ses extrémités et son quasiment interpénétrées par les finages voisins? Non, à l'évidence.

  Bonnes-Mares est un vin de sève et de fougue, ultra serré, aux tanins formés mais jamais durs. Il est moins frais que le Musigny et n'a donc pas son côté fruits rouges très subtilement fraisé et ses notes délicatement florales. Non c'est un vin d'épices et de fruits noirs qui parfois confine à l'abastraction du pinot noir pour ressembler...à un Bonnes-Mares unique, ferrigineux, terrien, altier et terriblement séduisant. Grand vin des amateurs de crus de longue garde qui aiment plus les notes aromatiques secondaires complexifiées par le temps, c'est un vin cérébral qui demande du temps, de la concision dans le choix de son ouverture et une éducation du palais plus importante qu'ailleurs.

  On ne boit pas un Bonnes-Mares par hasard, c'est un vin qui se savoure comme on hume un très grand havane ou un grand cru du Médoc. Ne souriez pas, il a beaucoup plus à voir sur le plan de son harmonie et de sa "balance" avec un vin de Château Latour ou de Las Cases qu'avec un des crus qui le jouxte. Hors Classe.

Patrick Essa - 2016 reproduction interdite

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