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Millésimes 2016 en Côte d'Or: Mise à jour, Février 2017

Publié le par Patrick Essa

Millésimes 2016 en Côte d'Or: Mise à jour, Février 2017
Millésimes 2016 en Côte d'Or: Mise à jour, Février 2017
Millésimes 2016 en Côte d'Or: Mise à jour, Février 2017

Millésime 2016 en Côte d'Or

Mise à jour du 12 Février 2017
   
    La Bourgogne produira peu de vins en 2016 en raison des gelées et d'un mildiou parfois dévastateur. Dans ces conditions il est évident que les crus conserveront dans leurs ADN les stigmates d'une saison végétative perturbée, inégale et surtout excessive. 

   2016 est ainsi une récolte tardive vendangée entre la fin de Septembre et le début d'Octobre qui a été précédée d'une longue période de sécheresse estivale ayant durablement positionné les vignes en situation de stress hydrique, alors même que la floraison tardive induisait  une situation de croissance des plants durant l'ensemble des mois de Juillet et Août. 


   Gelés le 27 Avril, les secteurs de Marsannay, Gevrey, Chambolle et Vosne dans le Nuiton ainsi que Chassagne, Meursault, Auxey, Monthelie,Volnay, Pommard, Beaune et Savigny dans le beaunois; ont subi par la suite les assauts d'un climat chaotique qui a vu se succéder une  forte période de pluie et une chaleur solaire. 
   Juste derrière les gelées, les fortes pluies de début Mai empêchèrent de positionner les premiers traitements dans des conditions idéales alors que les plants ne présentaient que quelques feuilles étalées. La conséquence immédiate fut une implantation précoce du mildiou dans nombre de parcelles, d'autant que la pression naturelle de l'année était très forte. Ne cachons pas qu'au milieu de Mai nos espoirs de récolte étaient faibles.


   Toutefois à partir du 25 Mai, le soleil a commencé à luire. À partir du quatrième traitement il a été possible de rentrer aisément dans nos rangs de vigne pour placer de bons traitements destinés à juguler un mildiou galopant qui était tombé sur les grappes avant même d'impacter nos feuilles, ce qui est assez rare. Quelques grappes furent perdues avant floraison, mais en revanche cette dernière se déroula vite et bien pour les vignes non gelées au début de Juin et 10/15 jours plus tard pour les parcelles gelées.  
   À partir du 10 Juin les traitements resserrés et curatifs furent efficaces et rétablirent la plupart du temps une végétation saine en jugulant la sporulation du mildiou. Les feuilles en ont gardé une teinte brunie, puis elles se fondirent dans la masse des nouvelles pousses. Au 20 Juin le vignoble avait une allure décente à l'exception de quelques parcelles très marquées par ce mildiou dévastateur. Nombreux - pas tous bien entendu -  sont les vignerons certifiés bio - et les autres! - ayant usé alors de produits systémiques pour sauver ce qu'il restait de leur récolte. Compréhensible et humain.


   Le gel imposa ensuite à tous les producteurs - car bien peu furent ceux n'ayant aucune parcelle touchée - un travail estival harassant pour suivre la pousse lente et pourtant régulière des branches et feuillages. Une "saison de mains" qui pour être totalement aboutie et permettre de préserver le maigre reliquat de grappes  des ceps  gelés et la belle récolte sur les autres ceps fut harassante et demanda jusqu'à 7/8 passages dans chaque vigne pour accoler les branches inégales dans les fils, aérer et positionner les grappes dans les meilleurs conditions. 
   Nombreuses furent les propriétés à terminer leur travail face aux plants dans le courant du mois d'Aout et à continuer de croire que ce labeur ingrat portait en lui la clef qualitative du millésime. 
   Curieusement le temps sec d'Aout se poursuivit en Septembre jusqu'au milieu du mois et selon un schéma inattendu qui vit le temps se refroidir nettement durant les nuits et ainsi favoriser la venue d'un oïdium tardif qui se déclara  véritablement à partir du 5 Septembre. Quelques parcelles furent violemment touchées, en particulier celles dont les traitements furent arrêtés avant la première semaine d'Aout. 


   L'arrêt de croissance des vignes n'intervint qu'à la fin du mois d'août et celui de la charge en sucre seulement autour du 20 Septembre. Comme la pluie est arrivée à point nommé le 18 Septembre Les pinots du nuiton en avance en moyenne sur ceux du beaunois de trois jours d'insolation environ - ce qui est très rare -furent prêts à récolter à partir du 20/23 Septembre sur de bons équilibres, ceux du Beaunois à partir du 22/26 Septembre et selon les cas encore plus tardivement. Ils ont bénéficié d'une arrière saison sèche et ensoleillée et ont ainsi été coupé dans des conditions idéales. 
  Le cas des blancs du beaunois   est assez similaire,leur juste maturité fut atteinte quelques jours après les pluies du 18 Septembre, quelles que soient les façons culturales employées. Les ceps gelés ayant été souvent coupés à la fin du mois pour chercher des équilibres satisfaisants, si ce n'est exceptionnels. 
   
   Dans les deux couleurs et les deux côtes, les raisins sains et marqués par des peaux épaisses, ont donné assez peu de jus au pressurage, de beaux degrés naturels et des concentrations  en extrait sec importante.


   Les peaux des raisins rouges, épaisses, ont naturellement donné de fortes couleurs mais elles ne feront pas oublier les amertumes des raisins chétifs générés par les gelées. Chargés en sucre, ils n'ont toutefois pas toujours atteint leur pleine maturité physiologique et ont généré des amertumes à surveiller lors des cuvaisons. Les raisins des ceps sains ont en revanche une qualité digne des meilleurs millésimes, potentiellement. L'ensemble promet des crus rouges hétérogènes où se côtoieront des Vins évoquant les rouges du beaunois en 1999, denses, dynamiques et parfumés; là où d'autres seront plus austères avec des risques d'arômes végétaux et de tanins trop fermes. Il semble évident cette année que les réussites majeures se trouveront à Morey Saint Denis et sur la colline des Corton, toutes deux quasiment pas touchées par les gelées. Évidemment il y aura aussi de très belles réussites selon les secteurs dans chaque commune avec je crois de grands premiers crus à Volnay, Pommard et Gevrey sur la Côte Saint Jacques. 


   Les blancs ont une tension interne affirmée et je crois que les petits rendements qui les marquent ne doivent pas faire oublier que leurs arômes se sont formés sous des chaleurs importantes avec des pieds en situation de stress. Les peaux épaisses induisent une nature initiale impactée par d'abondants flavones. Sans un travail important sur les lies pour équilibrer leur potentiel amer, ils risquent de développer des notes herbacées et des matières puissantes. On se souviendra des 1998 et 1981 pour les moins intéressants - surtout ceux coupés trop tôt - et des excellents 2009 pour les meilleurs, avec toutefois moins de viscosité et un rien plus de tension. Les villages de Puligny et Saint Aubin me semblent touchés par le doigt de Dieu cette année.

  En Décembre 2016 il apparaît évident que les vins sont conformes aux prévisions initiales et qu'il y a une jolie année qui est entrain de se dessiner. Toutefois apres un 2015 d'anthologie, un retour à un niveau qualitatif normal me paraît de mise avec des vins séduisants qui pourront se déguster dans les premières années de leur vie mais qui n'auront pas le souffle des très Grands Millesimes.

  En Février 2017 les crus semblent évoluer doucement vers des profils assez généreux. Rouges frais et tanniques avec des matières de bon aloi qui commencent à faire leurs fermentations Malo-lactiques ou qui les ont terminées avant l'entrée de l'hiver. Les derniers crus à fermenter semblent avoir plus de fond. Je les vois assez compact et rappelant des Millesimes comme les meilleurs  1998 ou 1991 et dans ces deux cas de jolis Côtes de Nuits sont nés et aujourd'hui sont encore fringants. La Cote de Beaune non gelée produira des Blancs de bon niveau qui seront les signes successeur  des 2013 je pense. Pas le millesime du siècle mais une qualité des plus honnête qui fera la par belle aux équilibres acides assez élevés et donc à des matières ciselées. Je vois beaucoup aux vertus de l'élevage et surtout à celle des assemblages et lorsque cela sera possible créer des cuveees l'élégant Vignes non gelées récoltées plus tôt et Vignes gelées récoltées en fin de campagne génèrera de sains équilibres et lissera les profils aromatiques. Il n'est pas exclu que le travail sur des lies assez fournies soit un plus non négligeable dans les Blancs et je pense que les rouges auront besoin de temps en fûts...

A suivre.

 
   

Patrick Essa - 2016/2017
    

   

Millésimes 2016 en Côte d'Or: Mise à jour, Février 2017
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Millésime 2015: où en est-on en Côte de Beaune?

Publié le par Patrick Essa

Chaque année le vigneron est à la recherche des indices qui vont pouvoir lui indiquer des dates de récolte optimales. En la matière il bénéficie de repères simples à prendre en compte pour définir son programme de vendanges en l'infléchissant vers le style qu'il souhaite obtenir dans ses crus.

Quels sont ces signes?

En premier lieu la période de floraison renseigne avec une belle acuité sur la semaine qui verra la récolte se dérouler. Lorsque la pleine fleur est atteinte dans une parcelle, une période de cent jours s'ouvre qui verra le fruit fécondé parvenir à maturité. Cette année les parcelles franchirent ce "cap floral" entre le 26 Mai et le 2 Juin. Souvent à très haute vitesse en raison d'un ensoleillement constant et de fortes chaleurs. La fenêtre temporelle communément retenue alors pour couper les raisins fut donc la seconde semaine de septembre. Entre le 5 et le 12 pour être plus précis.

En second lieu le temps que connaît la période entre la fleur et la véraison achevée. A savoir le moment ou la baie végétale sèche et ligneuse se transforme en un fruit gorgé de sucs et de jus. Cette mutation s'opère en Côte de Beaune dans les pinots et chardonnays durant 60 à 70 jours et le pinot a tendance alors à rattraper son léger retard initial sur son blanc voisin en raison d'un cycle végétatif total plus court de 6/7 jours en moyenne.

En 2015 ce processus fut marqué par un ensoleillement exceptionnel, des chaleurs caniculaires et une très faible pluviométrie. Tout cela gênera des baies grillées, des jeunes vignes stressées sur le plan hydrique et des fruits de tailles modestes... Mais également des vignes de plus de 20 ans dans un état sanitaire idéal - en dehors de zones impactées par un oidium mal maitrisé - qui dans l'ensemble ont assez peu souffert des fortes températures. Comme les pluies sont arrivées à partir du 2 Août - 70 mm entre le 2 et le 10/08 - elles ont eu l'occasion de faire gonfler leurs fruits en laissant apparaître des rendements potentiels modérés proches d'une récolte "normale basse".

Ce 12 Août la véraison est en passe de s'achever complètement dans les deux couleurs sur l'ensemble des parcelles et si une hétérogénéité était évidente dans le rythme de cette mutation il y a 15 jours, désormais tous les fruits sont quasiment au même stade.

Intervient alors le troisième indicateur à observer. Le déroulement des 33/38 jours après la véraison qui nous conduisent à la coupe des grappes. Après la pluie reçue nous pouvons désormais aller aux vendanges en nous passant d'eau et espérer que le mûrissement des peaux de raisins, des pépins de baie et des rafles de grappe se déroulent sans trop d'humidité et sous une douce chaleur de fin d'Eté. Dans ces conditions nous récolterions entre le 9 et le 18 Septembre un millésime à très haut potentiel qualitatif...

... Je l'avoue, je suis optimiste.

Patrick Essa - Domaine Buisson-Charles à Meursault. Le 12/08/2015

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