De l'élégance du Volnay: finages, climats et crus en séries

Publié le par Patrick Essa

 

  

 Une heureuse tablée de 19 convives a dégusté 30 échantillons de Volnay de 2003 à 1959. Parmi eux : vignerons, oenologues, responsables qualités de maisons de vins, anciens, jeunes et bien entendu membres du site!

   Nous avons pris le temps de disséquer chacun de ces crus à l'aveugle, par séries thématiques, pour comprendre leur valeur et leur terroir. Car le village me paraît depuis très longtemps être un des plus intéressants des trois Côtes.

  Historiquement (17°/18° siècle)  Volnay se plaçait en tête des vins du Beaunois et ne cédait son extrême qualité à aucune cuvée de Corton ou de Chambertin. On sait encore moins parmi les vignerons du village que les meilleurs crus de la commune sont tout bonnement au sommet qualitatif potentiel de Bourgogne. Une discussion avec l'un de ses meilleurs vigneron juste avant la dégustation m'a d'ailleurs convaincu que l'imaginaire collectif de ses producteurs ne correspond pas à la valeur intrinsèque des meilleurs climats.

  J'affirme sans la moindre ambiguïté qu'il existe au moins trois finages à Volnay qui méritent - par leur complexité, leurs race, leur allonge et leur capacité de vieillissement - de figurer parmi les 10 meilleurs grands crus de Bourgogne. Je demande vraiment au vigneron qui me lisent de croire  - sans le moindre doute possible - qu' il est permis de produire sur ces terres de l'oxfordien des crus d'une densité hors du commun. Très très loin des archétypes peu colorés, fluets et féminins qui semblent correspondre à l'image d'Epinal de ce Cru.  Volnay serait aussi fin et délicat que Pommard puissant et rude...une inimaginable erreur de jugement véhiculée par des générations d'écrivains se copiant sans cesse au fil des décennies voire des siècles.

  Le temps est venu de mettre un coup de balais à ces préjugés en redécouvrant la richesse ahurissante de ces crus sous-estimés tout en évaluant objectivement leur véritable potentiel. En ces temps ou des vins de pays surgit de nulle part peuvent se vendre dix fois le prix d'un très grand cru de haute lignée, il faut militer pour remettre à l'honneur la vraie nature des Champans, Caillerets, Chevrets, Fremiets, Santenots et autres...

  Vous lirez - je l'espère - le compte rendu  et les conclusions de la dégustation des crus qui suivent ci dessous en observant que nous n'avons pas évité les petits millésimes tout en resserrant nos principales investigations sur 4 crus principaux, isolés arbitrairement pour éviter les effets de dilution des conclusions.Je peux d'ores et déjà signaler que sur les vins dégustés plus de 80% méritaient une note supérieure à 90. Tous les convives sont sortis convaincus !...

Les vins :

Série 1 : « 2003 - trois terroirs - trois producteurs »  

Une série introductive qui faisait suite à la dégustation d’un Volnay blanc …enfin d’un Meursault-Cras 99 qui touche les vignes de l’A.O.C. Volnay-Santenots. Intéressante à plus d’un titre elle positionnait surtout la dégustation sur le plan de la géographie de la commune : Santenots au nord, Champans au sud et Fremiets au nord. Il était intéressant de comparer ces sols différents aux conditions climatiques de l’année. Je regrette vivement qu’un Volnay « Clos de la cave » 2003 de François Charles se soit montré liégeux à l’ouverture. Je n’ai pu le servir et je sais pour l’avoir dégusté deux fois récemment que sa nature de terroir  plus froide lui a parfaitement réussi dans ce contexte caniculaire et l’aurait sans doute placé au mieux parmi le trio qui suit.

  

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 2003 Domaine Buisson Charles : De couleur rubis et de profondeur moyenne dans le contexte de l’année, il exhale des notes fruitées marquées sur la fraise des bois et la framboise. Très classique dans sa forme, il séduit par son grain fin, ses tanins soyeux et un boisé absent. Il révèle la nature fine et délicate de ses terres pauvres et caillouteuses du dessus des Santenots et garde une fraîcheur de très bon aloi dans le contexte caniculaire.

 

Volnay-Fremiets « du dessus » 2003 Domaine François Charles : Un vin coloré, riche et dense. Sa structure généreuse souligne une trame tannique superbement équilibrée par une acidité basse. Solaire et droit il sort des canons habituels du Bourgogne classique mais puise dans cette nature une énergie remarquable. J’ai vraiment beaucoup apprécié le soyeux de la texture et l’impeccable longueur sur les fruits noirs et une note finement confite. Un vin de très belle facture.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 2003 Domaine Joseph Voillot : Robe violacée, intense et profonde. Nez puissant sur des notes de réglisse, puis à l’aération finement torréfiées/fumées. La bouche est tannique, sérieuse et même un peu austère face aux deux autres. Elle s’exprime dans un registre plus minéral et semble ne pas livrer encore toutes ses potentialités. Cadenassé à ce stade, si on le compare aux deux autres, il n’en possède pas moins une densité peu commune qui lui promet un très bel avenir. Très bien.

  

  

Pas de secret, les trois terroirs se montrent très différents, finesse des terres pauvres du Volnay, éclat et densité des terres plus hautes et plus blanches des Fremiets du dessus de François Charles et puissance « séveuse »  et austère des Champans de Voillot.

Série 2 : « 2002 – deux terroirs – deux producteurs »

Un joli millésime classique et frais qui faisait suite à la déroute des 2001 grêlés. Les vignes ont en général fournit de beaux rendements, mais l’état sanitaire parfait a permis de produire de petites merveilles de raffinement et d’élégance. Les vins sont en général bouquetés et fins avec une trame tannique serrée et soyeuse. Deux terres de bas de coteau qui possèdent des colluvions et des éboulis en superficie, avec toutefois plus de sol dans les Angles en moyenne.

  

Volnay-Chevret 2002  Domaine Nicolas Rossignol : Les Chevrets sont placés juste en dessous des Caillerets et comptent sans conteste parmi les plus beaux terroirs de la commune . Celui-ci est d’une densité peu commune. De couleur très sombre avec des reflets violacés, il embaume la merise, le cassis et les fruits noirs mêlés. Bâti autour d’une trame solide aux tanins abondants mais très fins, il s’exprime avec race sur de très nobles arômes terriens. La vinification est en tout point remarquable et préserve une suavité gourmande et expressive d’une longueur impressionnante. Une des très belles bouteilles de la soirée qui confirme le talent de ce diable de Nicolas Rossignol. Excellent +. 

  

Volnay- Les Angles Domaine Lucien Boillot : Un vin plus sévère de prime abord. Il possède une couleur sombre, profonde d’une rare intensité. Au nez il s’exprime de manière retenue sur la mûre et la fraise des bois, puis à l’aération en exhalant des senteurs plus épicées. La mati^ère est mûre, peu fardée et d’une très grande rectitude. Les tanins généreux indiquent une capacité de maturation importante. La longueur est remarquable. Très beau vin.

 

Deux vins deux écoles et deux grands moments de plaisir…cela indique sans conteste que dans la querelle qui oppose parfois anciens à modernes, la vérité dépasse les clivages réducteurs. Deux très beaux vins tout simplement.

 

Bouteille « isolée » :  « 2000 – Volnay-Santenots du Milieu –Mikulski »

 

Le terroir « du milieu » a toujours été considéré comme le meilleur des Santenots. A juste titre. Dans ce millésime difficile il était intéressant de voir le comportement de celui-ci chez un vigneron qui réussit toujours particulièrement sa cuvée. Placé à l’extrémité sud du climat il cultive une vigne chétive qui souffre un peu d’enroulement et qui de ce fait est des moins productrices. La vinification est soignée et inclus le tri sévère et l’égrappage des raisins.

  

Volnay-Santenots « du Milieu » 2000 Domaine François Mikulski : La couleur pourpre, assez profonde, surprend dans le contexte du millésime car celui-ci avait donné des peaux très fines, peu propice à générer des vins foncés. Le nez est très séducteur et embaume l’aubépine et la ronce mais aussi la framboise. Très fraîche, la bouche est fluide souple et possède une très belle densité dans le contexte de l’année. La longueur est remarquable. Une très belle réussite qui place le cru au niveau de ce que j’ai dégusté de plus abouti en Bourgogne dans ce millésime. Excellent.  

 

Série 3 : « 1999  – trois terroirs – trois producteurs »

99 est un millésime éblouissant qui conjuguait la maturité des fruits et un équilibre physiologique parfait. Il était dès lors intéressant de percevoir la part du terroir dans le grand oeuvre des vinifications des vignerons. Bien entendu j'avais choisi des approches très différentes, dues à des personnalités de vigneron très singulières, en opérant en lien tacite avec la série qui suivait.

  

Volnay-Fremiets « du dessus » 1999 Domaine François Charles : Robe profonde, à peine frangée d'acajou. Le nez est puissant et très mûr, absolument pas marqué par le bois et d'une densité remarquable qui conjugue des notes de prune, d'aubépine et de ronce. La trame est très serrée, ample et possède des tanins fermes d'une très belle distinction. Les notes aromatiques complexes du nez réappraissent en bouche et magnifient une finale qui possède une  belle rémanence.Très bien+.

  

Volnay-Caillerets « partie médiane »1999 Domaine Lucien Boillot : Un vin d'une rare distinction qui a littéralement séduit l'ensemble des convives. Robe très profonde, nez distingué et racé sur des notes épicées se mariant avec les fruits rouges frais et la griotte finement amère. Corps svelte,droit,très sain qui respire la jeunesse et la tonicité. Un vin d'une puissance formelle splendide qui termine longuement en enveloppant le palais de sa texture douce et subtile sur des saveurs de sureau, de merise et de truffe noire. Hors classe.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1999 Domaine Joseph Voillot : On connaît la qualité général impressionnante des vins du domaine. Croisez là avec une année comme 99 et vous obtenez un vin à couper le souffle. Digne des plus grands crus bourguignons de l'ère moderne, digne de l'éloge de tous les professionnels qui étaient autour de la table; pour sa race vibrante, son centre d'une générosité ébouriffante et son allonge absolument hors norme. Aussi bon que l'Epenots de Vaudoisey ou le Musigny de Mugnier dans le même millésime, aussi précis que le Corton-Bressandes de Tollot ou que le Cheval Blanc 90. Songez que le 2005 en élevage est peut-être plus grand encore...ce qui paraît proche de l'impossible ! Hors classe.

  

  Une série parfaite ! Trois grands vins à leur meilleur avec des expressions dissemblables mais tellemnt complémentaires. Un petit plus au Champans dans sa forme atemporelle, totalement en dehors des modes, mais si noblement aboutie. Respect

 

Série 4 : « 1999/1997  – Chambertin  – Volnay-Chevret - Volnay-Ronceret »

Vous le savez je positionne le Chambertin au sommet de mon pantheon personnel des grands vins bourguignon; à l'égal des plus grands vins des autres régions. Dans cette série, j'ai voulu éprouver les 99 dégustés auparavant en leur "offrant" en challenger, un des plus grands Chambertin de l'ère moderne. Les vins de Nicolas Rossignol me paraissaient aussi  s'approcher - sur le plan formel - de l' élevage luxueux que les grand crus de la Côte de Nuits connaissent...En fait j'étais joueur !

  

Chambertin 1999 Domaine Jean Trapet :Servi en premier derrière les trois 99 de Volnay. Il n'a pas déçu en dépit d'une bouteille qui paraissait dans une forme moyenne. Manque de nerfs à l'ouverture, manque de souffle dans ce cru d'élite si souvent dégusté à son avantage. L'aération a rétabli la juste valeur des choses en autorisant une vraie complexité olfactive sur la merise et la griotte sauvage mais ausi sur une fine torréfaction boisée. La bouche est encore austère et les tanins abondants ne sont pas tous au diapason d'une suavité latente pourtant bien présente. Une très longue finale réglissée vient révéler la race indéniable du cru.

  

Volnay-Chevret 1999  Domaine Nicolas Rossignol : Carafé une heure avant le service pour qu'il dégaze un peu son CO2 résiduel présent. IL s'est montré vraiment de très haut niveau. Puissant, long, fin, délicat et d'une suavité époustouflante. A 15° dans le verre c'est un très grand vin , à 17° il est renversant et se positionne carrément au même niveau que le Champans de Joseph Voillot. Plus gourmand dans sa forme, plus civilisé et moderne mais tout aussi structuré et complexe. Notes d'épices, de camphre et de caroube, mais plus que tout un côté fumé très subtilement giboyeux d'une personnalité extravagante. La très grande classe.

  

Volnay-Ronceret 1997  Domaine Nicolas Rossignol :Une autre année très mûre, grandement sous-estimée par les puristes. Le Ronceret est moins bien placé que les Chevrets, Dans une partie basse, caillouteuse mêlée de terre brûnâtre, il donne un des crus les plus minéraux de l'appellation. Très proche dans sa forme de la partie basse des Champans sans son ultime allonge il séduit ici par ses notes mûres de griotte sauvage et de fraise des bois. En bouche il se fait plus strict, plus anguleux mais procure une grande sesation de tonicité. Un athlète au corps musclé. Belle finale sur la mûre. Très bien.

  

Une série merveilleuse encore qui n'a connu aucun temps faible et qui à ce moment là nous a vraiemnt fait penser que ces vins étaient les meilleures affaires de la Bourgogne récente. Mais ne nous emballons pas, pour un millésime 99 l'appellation a connu deux grêles dévastatrices récentes (01/04), ce qui a entraîné quelques difficultés de trésorerie chez certains et sans doute un petit ralentissement vers un niveau qualitatif ultime. on se dit que décidément 99 est l'année de Volnay et de la Côte de Beaune et que les 2005 ont en eux - peut être et de manière différente dans la forme - une grandeur équivalente.

 

 

Série 5 : « village »- Mitans, Caillerets, Champans Millésimes jeunes et « difficiles »…

  Une série de vins du milieu des années 90. Des années assez dissemblables. On promettait le nirvana aux 96 et le pire - et surtout la dureté - aux 95, et puis des 98 difficiles en raison de tanins très fermes et austères.

  

Volnay 1998 Domaine Lafarge: une déception. Le vin est court, sec et sans relief et la finale metallique ne plaide pas pour lui. Plusieurs fois dégusté, plusieurs fois très déçu. J'ai bu tellement de bonnes choses à cett adresse pourtant!

  

Volnay-Caillerets 1996 « partie médiane et basse »Domaine de la Pousse d’Or : Une déception aussi pour ce cru de haute lignée. Dilu et mince sur des tanins souples et un léger CO2. Une bouteile sans race et sans fond, un tout petit Cailleret.

  

Volnay-Champans 1995«  partie nord du climat »  Domaine Joseph Voillot : Retour du grand style avec cette bouteille puissante aux tanins fins très distingué. Grande race, longueur impressionnante pour une expression massive d'un champans loin de son apogée. Superbe dans le contexte de l'année.

  

Volnay-Mitans 1996 Domaine Christophe Vaudoisey : Un vin bien vinifié, souple et élégant mais possédant une matière en retrait. Du niveau d'un beau village dans un millésime moyen, mais pas d'un premier cru dans un grand millésime. Le domaine a fait bien mieux depuis. 

 La seule série véritablement décevante de la soirée. Des vins ternes - à l'exception du Champans- qui ne font pas honneur à leurs terroirs.

  

 

Série 6 : « 1990 – un cru – trois producteurs »

1990 est le dernier très grand millésime de Bourgogne rouge à parfaite maturité. L’année potentiellement idéale qui dès sa naissance a défrayé la chronique pour sa grandeur. Comparer trois Champans de trois producteurs différents dans ce millésime était par avance un très beau moment de dégustation et j’ai particulièrement apprécié la singularité de chacun de ces crus.

 

Volnay-Champans « partie centrale » 1990 Domaine d’Angerville : Le domaine ne s’est jamais préoccupé des modes et de fait, son vin se montre ici quasi atemporel. Robe légèrement acajou, nez « séveux », pénétrant de girolle, de menthe sauvage et de poivre blanc. La trame est austère, tannique et possède une très grande intensité qui ne semble pas encore domptée. Un vin droit et strict qui affirme noblement une nature terrienne et des accents sauvages. Donnons lui du temps encore…

 

Volnay-Champans « parie médiane haute » 1990 Domaine Jean-Philippe Fichet : Assez proche du précédent au niveau de la robe acajou, profonde et encore jeune, il se montre très différent dans son profil olfactif : Notes de griotte, d’amandes amères, de réséda et de caroube d’une merveilleuse intensité. La souplesse des tanins magnifie une structure dense et cette texture veloutée introduit de forts nobles arômes de fruits noirs, de prune et d’épices. U très grand Champans abouti et nerveux qui a séduit l’ensemble des dégustateurs et son concepteur présent.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1990 Domaine Joseph Voillot : Un vin d’école, précis, fin, élégant et très engageant. Il émerveille par sa race formelle et ses notes aromatiques sanguines puis terriennes qui tapissent le palais longuement avec une infinie délicatesse. Un vin de velours qui relève le gant de la puissance maîtrisée et de la race ultime des très grands terroirs de volnay. Une simple merveille.

 

 

Série 7 :  « Deux millésimes – Un cru – Un producteur »

Pour comparer 90 et 85 les deux grandes années de cette période sur une vendange entière qui a livré des vins généreux et longs à se faire. Aujourd’hui ils sont à maturité, mais curieusement avec ce style de vinification, nous les percevons comme figé dans le temps, comme s’ils n’évoluaient et ne vieillissaient  plus…

 

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1990 Domaine Buisson Charles : robe sombre, légèrement acajou sur des accents de ronce et de poivre vert. Texture souple, élégante, raffinée sur un corps svelte et puissant. Les notes de mûres, de cannelle et de poivre blanc s’associent en un profil aromatique nerveux et aérien. Un vin qui s’ouvre aujourd’hui et qui possède encore de la réserve pour demain.

   

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1985 Domaine Buisson Charles : Plus léger en couleur, il livre un message très fin, très élégant sur un fruité d’une jolie pureté naturelle. Un vin hors du temps qui semble ne pas vouloir dire son âge et qui tapisse le palis sur de subtiles notes de cerise confite et de fraise des bois.  Délicat.

  

 Des profils très différents : Une « vision » très classique du Volnay pour le 85. Mais incontestablement plus de poids dans le 90

 

 

Série 8 : Les « vieux millésimes  servis un à un sans ordre établi »

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1984 Domaine Buisson Charles : une toute petite année dans un contexte de maturité difficile et un vin dépouillé, mince et fluide. Il manque de concentration et de complexité mais possède encore un fruité pur qui peut faire illusion... Simple.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1981 Domaine Joseph Voillot : Une année moyenne de faible rendement a donné ici un vin assez riche et souple qui possède un beau support tannique. Notes cacaotée, poivrées et finement giboyeuses sur une longueur moyenne. Très beau dans le contexte du millésime.

  

Volnay-Santenots « Dessus des Petures » 1978 Domaine Buisson Charles : Une très belle année mûre qui a donné des fruits d’un équilibre parfait. Texture douce, enveloppante et trame précise et complexe sur des notes de prune, de fève de cacao et d’épices. Très belle longueur et jolie émotion de la tablée. Excellent.

  

Volnay-Fremiets « partie basse du climat » 1978 Domaine Joseph Voillot : Enveloppant et bouqueté sur des notes assez proches du Santenots. Un vin opulent, concentré, bâti sur une trame très souple d’une infinie délicatesse. Une vision très classique d’un Volnay à parfaite maturité. Superbe.

  

Volnay-Caillerets 1982  Domaine Joseph Voillot : De couleur légère et d’impression diluée il se révèle d’une complexité fantastique sur des arômes de griotte sauvage, de bois de cèdre et de fraise des bois. Le plus délicat des crus de la soirée, le plus évanescent aussi. Très beau vin de millésime abondant.

  

Volnay-Santenots « Bas des Petures » 1976 Domaine Ampeau : Très racé et encore jeune sur un grain tannique ferme mais pas astringent. On retrouve les fines notes fumées caractéristiques de ce terroir de Petures et les fines notes de réglisse qui soulignent une très belle finale distinguée et longue. Très bien.

  

Volnay-Fremiets « du dessus » 1976 Domaine François Charles : Plus concentré que le précédent sur un grain tannique plus poli et une très belle douceur de constitution. Un vin riche et droit qui décline avec classe des notes de pruneau et de caroube. L’ensemble est impressionnant de fraîcheur et se montre vraiment très séduisant. Excellent. 

 

Volnay-Caillerets « ancienne cuvée Carnot » 1976 Domaine Bouchard père et fils : Un magnum entaché d’une petite trace d’amadou due à un bouchon imparfait. A l’aération le défaut s’estompe et montre un vin structuré au fort caractère. Il embaume la girolle et l’humus. Une longue finale fruitée souligne la race de ce très noble terroir du cœur des Caillerets. Quel potentiel encore.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1964 Domaine Joseph Voillot : un vin parfait. Couleur sombre d’une tenue impeccable, à peine frangée d’acajou. Nez fruité, très complexe sur des notes subtiles de sureau, de groseille et de ronce mêlées. Bouche précise, droite et enveloppante qui tapisse le palis en une caresse d’une grande sensualité. Un vin émotion d’une absolue rigueur qui signale la fantastique réussite de cette année à Volnay. Hors norme.

  

Volnay-Champans «  partie nord du climat » 1959 Domaine Joseph Voillot : Le 59 est au même niveau mais avec un peu moins de fond et encore plus de subtilité aromatique. On découvre des notes de fleurs fanées, d’épices orientales, de caroube et de réséda. La bouche est soyeuse et parfaitement polie par une longue maturation en cave fraîche et le vin semble comme suspendu dans le temps. Une merveille.

 

 

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