Vin et internet: Y'a des informations qui me manquent ou alors y'en a trop!

Publié le par Patrick Essa

Je cherchais cet après-midi une information sur un producteur de Sancerre pour savoir comment il vinifiait et élevait ses vins blancs. Comme il est communément admis que depuis que le net existe on peut s'informer en un clin d'oeil grâce aux amateurs et pros de tous bords qui communiquent, je m'attendais à avoir pléthore d'informations et nombre de conclusions sur les relations causales régissant ses vinifications et les sensations de dégustation observées par les dégustateurs.
Eh bien non, quasiment RIEN d'informatif pour des kilomètres de jugements,avis, descriptions et surtout bla-blas...plus j'avançais dans mes recherches et moins je découvrais d'éléments avérés, clairs et concrets pouvant m'éclairer un tant soit peu, comme si le foisonnement des pages de toutes origines diluaient la connaissance en la survolant sans jamais la mettre en évidence.
Peu enclin à admettre que les sites et blogs ne puissent livrer de messages, je me suis mis à les interroger en les soumettant à mes questions/recherches. Et là, quelles deceptions! Entre lieux communs, chapelles, blagues de comptoirs et redites, il reste bien peu à l'internaute pour puiser quelques bribes intelligibles le renseignant véritablement sur des points clés de son parcours d'apprentis degustateur ou plus simplement de simple consommateur en quête d'un savoir pouvant rationnaliser un achat.
On n'apprend rien sur rien avec pourtant des centaines de milliers de vins décryptés, analysés et évalués... au mieux, lorsqu'ils ne sont pas jugés et parfois condamnés. On peut donc lire des types qui utilisent des péri-phrases alambiquées pour donner un "avis libre et indépendant" et qui ne possèdent pas le début d'une information sur ce qu'ils goûtent et même qui invoquent qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un tant soit peu de culture pour se permettre un avis. Okay, qu'ils continuent ainsi si tel est leur bon plaisir mais moi je cherche des faits sous la plume de gens compétents qui pourraient me rendre moins ignares.
En tapant quelques noms de blogueurs plus médiatiques, je ne trouve toujours pas mes infos sur les FML éventuelles de Pascal Cotat mais en revanche sur une collection de textes hauts perchés évoquants le vin comme dans une thèse de troisième cycle avec forces références et doctes avis assénés comme des dogmes aussi ambitieux que prétentieux. Pfffiiiooouuu je ne cherchais pas cela non plus! Juste un paragraphe m'expliquant de manière concise comment le talentueux sançerrois s'y prenaitpour vinifier le sauvignon avec autant de doigté et comment il conservait une subtile varietalité ne gommant en rien son grand terroir...
Si d'aventure l'un de vous peut me dire cela dans un langage sans fioriture, il aura en partie compris l'esprit qui anime ce site...et je l'en remercie par avance! -))

Publié dans Techniques

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Jaffuel 21/12/2013 06:35


Bonjour Patrick


Plusieurs commentaires.


1) Quantitativement,  les textes sur le web du vin concernent le plus souvent deux aspects : c'est bon ou pas, c'est cher ou pas.  Vient ensuite des considérations techniques ou
pseudo-techniques : c'est bio/nature ou pas, c'est terroir ou pas (minéral...). Bref la FML, si elle devait simplement aider à vendre plus cher, tout le monde en parlerait.


2) le web amateur me semble avoir un seul mérité dans la production de masse qui existe actuellement. Savoir si un vin est plus ou moins prêt à boire... avec toutes les réserves que cela implique
toutefois (toutes les bouteilles ne sont pas les mêmes, qualité de la cave...).


3) les professionnels du vin sont éaglement présents sur le web et... c'est chez eux que l'on devrait légitimement trouvé cette information.


4) Je me rappelle d'articles de Ph Ricard, passé chez François Cotat/ Boulay/Carrou,  qui détaillait pas mal l'impact des parcelles/terroirs sur le vin. Je me souviens d'un paragraphe sur le
souffre et aussi l'un sur l'impact des levures sur le profil varietal ou pas du vin. Il faudrait aller voir la source (DC/Ph R)


5)Pour ce qui est de ce vin de Pascal Cotat, j'ai souvent eu la chance il y a quelques années de pouvoir gouté les vins de Pascal et François. J'ai souvent eu le sentiment de vins moins droits et
tendus chez Pascal y compris sur la cuvée la grande côte qui est celle que je préfère car synthèse des qualités des autres (culs de beaujeu, monts damnès).


6) Ma dernière expérience de grande côte 2005 chez pascal cotat a été une véritable déception. C'est peut-être un indice pour toi car l'une des participante,
vigneronne et oenologue, a évoqué la possibilité d'un FML qui aurait trainé devant une aromatique caramel et des notes presques oxydatives associées.


Dany

François Guérillon 18/12/2013 17:55


Bonjour Patrick,


Simple amateur et quasi ignorant en oenologie, je me pose une question similaire à celle que tu évoques chaque fois que je déguste les vins des Cotat (François ou Pascal) et ceux de Gérard
Boulay: comment une telle différence avec les vins "des voisins" est-elle possible, notamment quant à l'effacement des notes considérées comme "variétales" du sauvignon, et pourquoi si peu
d'émules?


Sans me donner complètement la clef, Gérard Boulay m'avait donné oralement deux pistes, que je retranscris comme je les ai comprises (j'ignore si elles sont éprouvées scientifiquement ou
empiriquement par d'autres vignerons):


- celle des levures: l'intensité de l'arôme "variétal" du sauvignon serait en bonne partie influencée par les levures. De nombreux producteurs, semble-t-il, levurent leurs moûts de sauvignon en
choisissant les levures qui expriment généreusement les arômes "variétaux" du sauvignon, pour satisfaire leurs goûts personnels ou/et une clientèle qui apprécie ces arômes (lesquels divisent
fortement les dégustateurs en raison notamment de seuils de perception très différents). Les levures indigènes des meilleurs terroirs de Chavignol seraient, au contraire, peu propices à
l'expression de ces arômes.


- La recherche de la maturité optimale des baies (tu en connais les prérequis et techniques bien mieux que moi) serait également un facteur de diminution des arômes variétaux, bien qu'il ne
puisse l'expliquer à lui seul (qui n'a pas goûté des sauvignons bien mûrs et pourtant très variétaux, même s'ils n'expriment heureusement pas l'arôme de buis ou de feuille de cassis des
sauvignons moins mûrs).


Je ne doute pas que d'autres lecteurs apporteront des éléments plus précis ou complémentaires!

serge OLIVEIRA 17/12/2013 20:35


Bonsoir 


c est ma première intervention sur votre blog, que je suis d ailleurs depuis quelques années, afin de vous donner 2 ou 3 renseignements que j ai glané sur la RVF de Juillet 2010mais il ne s
agit pas de Pascal Cotat mais de son frère François dont les méthodes de vinification sont peut être proche ...?!


peut être ces renseignement pourront vous être de quelques utilités 


voici un fragment du texte tiré du magazine :


Un élevage de huits mois sur lie en vieux fûts d au moins sept vins ou de vieilles pipes a Porto de 40 ans, deux soutirages en lune adéquate et une mise en bouteille avant l été afin de garder
une certaine fraîcheur. Surtout pas de bois neuf " quelle horreur, il n est pas amateur " !


un autre fragment ou il est écrit: que les vins "sont artifices dotés d un fond minéral avec souvent une pointe de sucre résiduel " comme avant, justifie t il " 


voila pour la seule partie technique 


Bien a vous